La BoJ s’inquiète de la faible hausse des salaires au Japon
La hausse des salaires est la clé de voûte du succès de la politique volontariste menée par les autorités japonaises. Dans les minutes de la dernière réunion de la BoJ publiées hier, ses membres ont manifesté leur inquiétude quant au rythme de progression des salaires qui demeure inférieur à celui de la hausse générale des prix. Or, «sans redressement des salaires de base et de l’emploi, la BoJ devrait avoir du mal à atteindre son objectif d’inflation de 2%», indique Natixis.
Le premier ministre Shinzo Abe a rappelé le mois dernier qu’une hausse des salaires est vitale pour créer un «cercle vertueux» sur la consommation et l’investissement. D’autant que les minutes précisent qu’une hausse de l’inflation qui ne s’accompagnerait pas d’une progression au moins équivalente des salaires, entraînerait une baisse des salaires réels et pénaliserait la consommation domestique, principal moteur de la croissance au premier semestre.
L’inflation hors alimentaire a certes atteint 0,7% en septembre, après une baisse des prix de 0,1% en 2012, et l’inflation globale 1,1%, après avoir été stable en 2012. Mais cette hausse est largement due à la chute du yen qui s’est traduite par un renchérissement du coût des importations pour le Japon, lequel importe plus de 90% de son énergie. La composante énergie de l’indice des prix a augmenté de 7,4%, contribuant à hauteur de 0,64 point dans le niveau d’inflation globale.
Dans le même temps, la hausse récente des salaires se cantonne aux heures supplémentaires et aux primes, alors que les salaires de base continuent de décroître. Des versements occasionnels qui ne constituent pas d’engagement à long terme pour les entreprises.
Si le gouverneur de la BoJ a réitéré sa confiance de voir l’inflation atteindre l’objectif de 2% d’ici à deux ans, seulement deux des 34 économistes interrogés par Bloomberg croient à ce scénario. «Les sociétés ne relèveront probablement les salaires de base qu’en 2016, lorsque les effets négatifs de la hausse de la taxe sur la consommation commencera à s’estomper», estime Natixis. Le taux de TVA devrait être porté à 8% en avril 2014, puis à 10% en octobre 2015, ce qui pèsera sur la consommation des ménages. Dans ce contexte, CA CIB estime que la BoJ sera contrainte d’augmenter la taille de son programme de rachats d’actifs pour atteindre son objectif d’inflation, ainsi que pour soutenir la reprise de la croissance.
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