La BoJ est en proie à des dissensions sur le succès de sa politique monétaire
L’«Abenomics» ne va pas de soi au sein même de la BoJ. Les minutes de la dernière réunion de l’autorité nippone publiées hier ont confirmé que trois de ses neuf membres ont jugé irréalistes certains des objectifs fixés, et notamment celui d’atteindre un taux d’inflation de 2% d’ici à mi-2015. Son gouverneur, Haruhiko Kuroda, avait fait état de débats houleux lors de la réunion des 30 et 31 octobre derniers, pourtant marquée par un statu quo sur son programme de rachats d’actifs historique.
L’un des membres du comité, Takehiro Sato, a ainsi proposé que l’autorité change l’intitulé de son communiqué pour indiquer que les risques sur les prix sont «globalement orientés à la baisse», plutôt que pouvant «être jugés comme globalement équilibrés». Parallèlement, Takahide Kiuchi a quant à lui exprimé le souhait de remplacer l’objectif d’inflation par un objectif de hausse modérée des prix à la consommation. «Des nuances sémantiques qui ont de l’importance dans la communication d’une banque centrale», explique CA CIB.
Le troisième membre réfractaire, Sayuri Shirai, a incité les autres à prêter une attention particulière aux risques baissiers pesant sur l’activité et sur le niveau des prix, se fondant sur «le haut degré d’incertitude» reflété dans les anticipations d’inflation à moyen et long terme. La première émission depuis cinq ans d’une obligation indexée sur l’inflation (JGBi), pourtant assortie d’un «floor» déflation qui protège les investisseurs contre une baisse des prix, n’a pas séduit les investisseurs. Son point mort est tombé sous son niveau à l’émission début octobre. Dans le même temps, le point mort d’inflation de l’ancienne JGBi d'échéance 2023 (10 ans) a reflué à 0,96%, après une hausse significative en début d’année.
«La couverture contre le risque inflationniste est tout sauf une priorité au Japon», estime ainsi Natixis. Le consensus Reuters anticipe une légère hausse de l’inflation sous-jacente à 0,9% en octobre, largement due à celle du coût des importations d’énergie à la suite de l’affaiblissement du yen, mais sans progression significative associée des salaires. Dans ce contexte, «un grand nombre d’économistes tablant sur un nouvel assouplissement monétaire de la BoJ dans les prochains mois, les débats sur l’orientation de la politique monétaire seront suivis très attentivement», estime Barclays.
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