La BoJ décide également de frapper fort pour soutenir son économie

La Banque du Japon a décidé ce matin d’augmenter son programme de rachats d’actifs de 10.000 milliards de yens pour le porter à 80.000 milliards
Patrick Aussannaire

La BoJ se joint au concert des assouplissements monétaires des grandes banques centrales du monde. La Banque du Japon a annoncé ce matin qu’elle augmentait son programme de rachats d’actifs de quelque 10.000 milliards de yens pour le porter à 80.000 milliards. «Nous nous attendons à ce que cette décision aide l’économie japonaise à retrouver une rythme de croissance durable avec la stabilité des prix» a indiqué le communiqué de l’autorité monétaire.

Seulement quatre des 13 économistes interrogés par Bloomberg s’attendaient à un geste de la part de la BoJ à l’issue de la réunion de son comité de politique monétaire. Le yen s’appréciait d’ailleurs de 0,3% contre euro à 102,54 avant la décision, et de 0,2% contre dollar à 78,66. Le rendement des obligations d’Etat japonaises à 30 ans était de 119 points de base plus faibles que les obligations américaines de même maturité, un plus haut depuis mai dernier, signalant les inquiétudes des investisseurs concernant la décision de la BoJ et ses conséquences sur la devise.

«La BoJ devait agir après les mesures prises par la Fed et la BCE, et la réaction des marchés reflètent ce sentiment» estime Hiroshi Maeba, responsable du trading sur devises chez UBS. Il s’agit en outre d’un assouplissement supérieur à celui anticipé par Citigroup, qui tablait sur un allongement du programme quantitatif plus modéré de 5.000 milliards de yens. «La BoJ va assouplir pour affaiblir le yen» indiquait ainsi les économistes de la banque américaine. Dans la foulée de cette annonce, le yen repartait à la baisse à un plus bas d’un mois de 79,15, et l’indice Nikkei affichait en séance une hausse de 1,6% 9.271,52 points.

Il faut dire que la pression sur la BoJ s’est fortement accrue ces derniers temps. «Les derniers chiffres de la production industrielle qui sont sortis en baisse ainsi que la croissance du PIB au deuxième trimestre qui était bien plus faible que celle anticipée par les économistes» du fait «de la chute de la demande étrangère et de la faiblesse du yen» incitaient la BoJ à agir, comme l’indique Citigroup. Mais la banque centrale fait également face à une pression politique. Le LDP, favori dans les sondages pour les prochaines élections, a récemment prôné un changement de statut de la BoJ remettant en cause son indépendance. Or, le LPD fondait justement son argumentaire sur le soutien insuffisant que fournit, selon lui, la BoJ dans la lutte contre l’envolée du yen et contre la déflation.

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