La BoJ amorce le virage d’un assouplissement monétaire illimité
Le marché teste la capacité de la Banque du Japon à atteindre ses objectifs. Le nouveau gouverneur de la BoJ, Haruhiko Kuroda, mandaté expressément par le Premier ministre Shinzo Abe pour s’engager dans une politique de rachats d’actifs illimitée, a précisé hier devant le Parlement nippon son programme d’action pour atteindre l’objectif de retour à un niveau d’inflation de 2% dans les deux prochaines années.
Si «toutes les options seront mises sur la table», Haruhiko Kuroda a notamment évoqué la possibilité d’allonger de 3 à 5 ans la maturité des obligations d’Etat (JGB) rachetées dans le cadre du programme, mais également de supprimer la règle dite «banknote» qui limite les rachats en imposant que la valeur des détentions d’obligations de la BoJ ne dépasse pas le montant de liquidités en circulation. «La BoJ va diversifier ses achats d’actifs pour faire baisser les rendements sur toute la courbe des taux», a ajouté Haruhiko Kuroda qui envisage d’inclure le rachat d’actifs plus risqués dans le panier de la BoJ.
L’effet de ces propos a été immédiat sur les taux, avec une chute des rendements des JGB à 10 ans à 0,525%, leur plus faible niveau depuis juin 2003. Haruhiko Kuroda s’est pourtant permis d’appeler le gouvernement à mettre les finances publiques en bonne ordre. «Il est important que le gouvernement travaille à une réhabilitation budgétaire à moyen et long terme, afin de ne pas risquer de voir les taux d’intérêt remonter du fait d’une érosion de la confiance dans la gestion des finances publiques», a ainsi indiqué le gouverneur de la BoJ.
En revanche, le yen était relativement stable hier matin à 94,18 contre dollar. «Nous anticipons une parité qui reste comprise entre 94 et 96 à court terme», estime Citigroup qui explique que le marché a déjà anticipé une rallonge du montant des rachats à la prochaine réunion de la BoJ les 3 et 4 avril prochains. Le consensus table sur un complément d’au moins 10.000 milliards de yens.
Malgré des prix qui restent en contraction de 0,7% en février, le point mort d’inflation à 5 ans au Japon a progressé à 154 pb, dépassant le point mort allemand de 33 pb, l’écart le plus élevé depuis 2009, selon Bloomberg. «Le marché n’anticipe pas que l’objectif sera atteint, mais commence à anticiper une probabilité plus élevée qu’il le soit», estime Anton Heese, responsable de la recherche inflation chez Morgan Stanley.
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