La BoE semble prête à normaliser sa politique monétaire la première
Malgré une baisse de l’inflation à 1,6%, la remontée attendue des salaires et le reflux récent de la livre pourraient presser la BoE d’agir
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Patrick Aussannaire
La BoE souffle le chaud et le froid sur sa politique monétaire accommodante. Après un fort rebond à 1,9% en juin, l’inflation britannique a chuté plus que prévu pour revenir à 1,6% le mois dernier et s’éloigner ainsi de l’objectif à moyen terme de la BoE de 2%. Depuis le plus haut de 5,1% enregistré en septembre 2011, l’inflation a ainsi très lourdement ralenti. «La combinaison de la force de la livre, qui a permis de faire baisser le coût des importations, de la faiblesse de la croissance des salaires et de la chute des prix énergétiques ont entraîné un affaiblissement considérable des pressions inflationnistes sur la période», explique ING.
Dans ce contexte, «les points morts d’inflation britanniques ont chuté durant une bonne partie de juillet et août à cause d’un rebond des rendements nominaux. Toutefois, ils se sont plus ou moins stabilisés ces dernières séances, même durant la fuite vers la qualité de la fin de la semaine dernière», ajoute SG CIB. Le point mort sur les obligations indexées à 10 ans a chuté à son plus faible niveau depuis janvier 2013 le 8 août, à 2,81%, avant de remonter légèrement à 2,85% hier. Barclays estime d’ailleurs que l’inflation devrait rester sous l’objectif de 2% de la BoE jusqu’à la fin de l’année 2015.
Pourtant, certains facteurs à l’origine de cette baisse de l’inflation montrent des signes de retournement. La livre semble ainsi avoir perdu de sa force cet été, notamment suite à la publication du rapport d’inflation de la BoE qui a mis en avant un décalage du lancement du processus normalisation monétaire au premier trimestre 2015. Après s’être appréciée de 15% contre dollar et 11% contre euro sur un an, la devise britannique a cédé respectivement 3,1% et 1,7% depuis ses plus hauts de mi-juillet.
En outre, «l’économie progresse à un rythme bien supérieur à son potentiel et les salaires pourraient rapidement répondre à la forte croissance de l’emploi. La hausse de 3% du salaire minimum dans le pays pourrait servir de catalyseur à une hausse généralisée des salaires à partir d’octobre», estime ING. Mark Carney a durci lundi son discours en indiquant son intention de remonter les taux avant que le rebond de l’activité ne se transmette aux salaires réels. BNP Paribas s’attend d’ailleurs à ce que les minutes de la dernière réunion de la BoE publiées aujourd’hui révèlent qu’un ou deux de ses neuf membres aient déjà voté en faveur d’une hausse des taux.
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