La BoE reste divisée sur la relance des rachats d’actifs
Comme c’est le cas depuis plusieurs mois déjà, les membres du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre (BoE) restent divisés sur l’opportunité d’augmenter le programme de soutien à l’économie britannique mise à mal par la crise, soulignent les dernières minutes de la BoE publiées hier.
Selon le compte-rendu des réunions des 3 et 4 avril, la décision de maintenir le principal taux directeur à 0,5%, un niveau inchangé depuis 2009, a été adoptée à l’unanimité. Mais deux visions continuent de s’affronter à propos d’une éventuelle relance des rachats d’actifs par la BoE.
Mervyn King, le gouverneur sortant de la BoE, Paul Fisher, l’expert des marchés, et le membre extérieur du comité David Miles se sont une nouvelle fois prononcés en faveur d’une augmentation de 25 milliards de livres du programme d’assouplissement quantitatif initié par l’institution d’émission, qui aurait été ainsi porté à 400 milliards. Pour le troisième mois consécutif, Mervyn King a ainsi été mis en minorité au sein du comité.
Ceux qui plaident pour un programme élargi y voient le moyen de soutenir une croissance en berne, tandis que les 6 autres partisans du statu quo redoutent des tensions inflationnistes, et un effet de dépréciation sur la livre, résume Mauro Giorgio Marrano, économiste chez UniCredit. Malgré des résultats décevants, la Banque d’Angleterre semble toujours compter sur le Funding for Lending Scheme (FLS), son mécanisme de soutien au crédit mis en place en juillet dernier pour enrayer la baisse des volumes de prêts accordés aux ménages et aux entreprises britanniques. Les économistes s’attendent d’ailleurs à ce que ce programme soit rapidement élargi.
La BoE s’attend toujours à une croissance atone au premier semestre 2013, et à une amélioration progressive dans la deuxième moitié de l’année. David Tinsley, économiste chez BNP Paribas note que la réunion d’avril était la première depuis que le gouvernement a autorisé la BoE à se donner d’autres objectifs que l’inflation pour piloter sa politique. Londres a annoncé une inflexion des attributions de la BoE pour y inclure la possibilité du recours à des mesures non conventionnelles de soutien à la croissance. Cette nouvelle mission ne semble cependant pas avoir donné lieu à davantage de flexibilité dans la réalisation de l’objectif d’inflation actuellement fixé à 2%. Le taux se montait à 2,8% en février, et devrait atteindre environ 3% mi 2013 selon la BoE.
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