La BoE douche les espoirs d’un relèvement précoce de ses taux directeurs
La publication du rapport d’inflation trimestrielle de l’autorité a permis de mettre en lumière la faible croissance des salaires britanniques
Publié le
Patrick Aussannaire
La BoE passe en mode accommodant. A l’occasion de la publication de son rapport trimestriel sur l’inflation, la Banque d’Angleterre a mis en lumière le rôle central de l’évolution des salaires dans le pilotage de sa politique monétaire. «A la lumière de la montée des incertitudes sur le niveau actuel des capacités inemployées, le MPC a noté l’importance de la surveillance de l'évolution attendue des coûts, notamment salariaux.»
Or, l’autorité a réduit de moitié ses prévisions de hausse des salaires pour cette année à 1,25% par rapport à sa dernière estimation datant de mai. «La croissance des salaires a été extrêmement faible, malgré la chute rapide du taux de chômage», a indiqué son gouverneur Mark Carney. Une ambigüité également soulignée deux heures auparavant par le rapport sur l’emploi britannique faisant état d’un nouveau recul du taux de chômage à 6,4% fin juin, son plus faible niveau depuis fin 2008, conjugué avec la première baisse des salaires moyens depuis 2009, de 0,2%.
Si la BoE a revu à la baisse son estimation du taux de chômage moyen au troisième trimestre de 6,4% à 6,1%, elle a également ajusté celle du «NAIRU», niveau en-deçà duquel des tensions inflationnistes apparaissent, de 6,25% à 5,5%, ce qui semble enterrer le scénario d’un premier resserrement monétaire avant la fin de l’année. De quoi faire corriger le marché des contrats Short sterling de 7 points de base sur l’échéance décembre 2014 et de 11 pb sur celle de juin 2015, alors que le Gilt à 10 ans se détendait de 5 pb à 2,43%. A l’instar du marché, Goldman Sachs prévoit une première hausse des taux au premier trimestre 2015.
A horizon deux ans, la BoE anticipe un taux de chômage à 5% et une accélération de la hausse des salaires à un rythme de 4%, avec une inflation contenue à 1,8%. La publication, la semaine prochaine, des minutes de sa dernière réunion devrait apporter plus de précisions sur les intentions du Comité, mais Mark Carney a déjà précisé hier que «le niveau des taux directeurs implicites tiré des rendements de marché, augmente de seulement 15 pb par trimestre et atteint 2,25% à horizon deux ans, ce qui traduit la persistance des difficultés auxquelles fait face l’économie», malgré une croissance anticipée à 3,5% cette année et 3,1% en 2015. De quoi faire chuter la livre sterling de 1,2% contre dollar et de 0,8% contre euro. Son évolution reste néanmoins suspendue aux politiques de la Fed et de la BCE, rappelle Citigroup.
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