La BoE avance divisée sur son nouveau mode de politique monétaire
Ni les minutes de la Banque d’Angletterre (BoE) ni les chiffres de l’emploi n’ont réussi à atténuer les doutes qui pèsent sur la forward guidance formulée par son nouveau gouverneur. Au contraire. Si le maintien du taux directeur à 0,50% et du montant total des rachats d’actifs à 375 milliards de livres a fait l’objet d’une décision unanime des neuf membres du comité (MPC) lors des réunions des 31 juillet et 1er août, les minutes révèlent en revanche une voix dissonante, celle de Martin Weale, qui a voté contre la trajectoire de taux telle qu’elle a été énoncée la semaine dernière par Mark Carney.
«Un membre du comité, tout en soutenant l’adoption de la trajectoire de taux, a voté contre la proposition de manière à montrer sa préférence pour un horizon de temps concernant le franchissement du premier seuil de l’inflation plus proche que celui proposé.» Martin Weale estime ainsi que l’institution devrait se soucier de ramener l’inflation proche de son niveau cible de 2% dans un laps de temps plus court que les 18 à 24 mois prévus. L’inflation a légèrement ralenti en juilllet à 2,8%.
La semaine dernière, Mark Carney n’anticipait pas avant mi-2016 le passage du taux de chômage sous le seuil de 7%, déclencheur, sous trois conditions, du retour à une politique monétaire normalisée. Une vision que contestent les marchés. Si «le MPC dans son ensemble s’est montré agacé de la remontée des taux après juillet, et inquiet de ce qu’il estime comme étant une sur-réaction des marchés aux bons chiffres économiques récents», les minutes révèlent que certains membres du comité partagent la vision des marchés selon laquelle la première hausse des taux se fera avant les trois ans indiqués dans le rapport sur l’inflation. Le taux de swap à 2 ans progressait hier, à 0,5475%.
D’ailleurs, les chiffres de l’emploi publiés hier soutiennent cette opinion. Si le taux de chômage est resté stable à 7,8% sur les trois mois achevés fin juin, la tendance est à «une amélioration du marché du travail et à une baisse du taux de chômage probable dans les prochains mois», selon CA CIB. Dans ce contexte, RBS estime qu’«il existe clairement une plus forte résistance au sein du MPC à la vision accommodante de Mark Carney.» Les minutes suggèrent également que «la plupart des membres» estime qu’une politique monétaire plus accommodante sous la forme de rachats d’actifs n’est «pas appropriée dans la situation actuelle».
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