La BCE veut dissuader les banques de lui confier leurs réserves
La baisse du taux de la facilité de dépôt doit inciter les établissements riches à réinjecter leurs excédents dans le système
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Alexandre Garabedian
Fermer la trappe à liquidités. Alors que les établissements de crédit européens continuent à accumuler les réserves auprès de la Banque centrale européenne (BCE), son président Jean-Claude Trichet, a évoqué hier une baisse de la rémunération de la facilité de dépôt, aujourd’hui à 2%. «C’est une idée qui est en train d'être étudiée», a-t-il indiqué.
Jusqu’au 9 octobre, ce taux évoluait 100 points de base en dessous de celui du refi. Celui de la facilité de prêt marginal, destiné aux banques emprunteuses, 100 pb au-dessus. Pour rendre cette dernière moins pénalisante pour les banques en mal de cash, la BCE a réduit symétriquement de 50 pb ce «corridor». Les établissements riches se voient dès lors relativement moins pénalisés s’ils placent leur fonds auprès de la BCE plutôt que de prêter à leurs confrères. A titre de comparaison, le taux au jour le jour Eonia se traitait hier à 2,29%.
Pour Sylvain Broyer, économiste chez Natixis, « il faut augmenter le coût d’opportunité de la détention des réserves excédentaires, pour que cet argent soit réinjecté dans l’économie». Au 15 décembre, les dépôts des banques auprès de la BCE atteignaient 178 milliards d’euros. Ils ont nettement bondi au lendemain du 9 octobre, indépendamment de l’effet Lehman.
Certains banquiers doutent cependant qu’une baisse du taux de la facilité de dépôt puisse à elle seule débloquer un marché interbancaire qui était déjà grippé. Il faudrait aussi que la BCE mette fin à l’évolution symétrique des taux de dépôt et de prêt marginal par rapport à son taux directeur. Une décision qui peut toutefois être prise assez vite, en-dehors des réunions mensuelles sur le refi.
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