La BCE souffle le chaud et le froid sur les banques grecques
La Banque centrale européenne maintient son amicale pression sur Athènes. Alors que le gouvernement grec ne devrait pas présenter demain de liste de réformes à ses créanciers lors de la réunion des ministres des Finances de la zone euro à Riga, les conditions d’utilisation de la ligne de liquidité d’urgence (ELA) consentie aux banques grecques continuent d’alimenter les rumeurs.
La dernière en date voudrait que la BCE augmente les décotes sur la valeur des actifs que les établissements de crédit présentent à la Banque de Grèce pour se refinancer. Alors que le montant maximal de l’ELA, revu régulièrement par la BCE, a été augmenté hier de 1,5 milliard à 75,5 milliards d’euros, durcir les décotes équivaudrait de fait à réduire les montants que les banques peuvent emprunter. «La BCE n’a pris aucune décision de ce genre, a précisé hier une source proche de la banque centrale à Reuters. Des discussions sur les différents scénarios possibles ont lieu régulièrement».
La Banque centrale européenne, qui porte à bout de bras le système financier grec, perd patience devant le blocage des discussions entre Athènes et ses partenaires. Hier, Benoît Coeuré, membre de son directoire, a assuré au quotidien grec Ekathimerini que les banques locales continueront à avoir accès à l’ELA tant qu’elles seront jugées solvables. Mais il a aussi prévenu qu’un retard de paiement de la Grèce sur sa dette «rendrait plus difficile l’obtention de liquidités par les banques, car elles dépendent pour cela, en ce moment, des emprunts d’Etat qu’elles utilisent comme collatéral».
Athènes doit rembourser deux tranches d’aide du FMI les 1er et 12 mai. En cas de défaut, «il est très probable que le collatéral grec ne serait plus éligible à l’ELA», estiment les économistes de Citi. «Il serait concevable aussi (mais pas automatique) que le Conseil des gouverneurs de la BCE décide de couper complètement l’accès des banques grecques à l’ELA», ajoutent-ils.
Dans tous les cas, une restriction même partielle de l’ELA accroîtrait la probabilité de mise en œuvre d’un contrôle des capitaux dans le pays. Un scénario qui semble également probable aux yeux des économistes de Citi et de RBS si de nouvelles élections devaient être organisées dans le pays, alors que le soutien au parti Syriza s’effrite.
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