La BCE s’inquiète des répercussions d’un resserrement de la Fed
La Banque centrale européenne (BCE) met en garde contre de nouvelles secousses sur les marchés financiers, même si le risque systémique a décru dans la zone euro. Dans son rapport sur la stabilité financière publié hier, la banque centrale tente de tirer les leçons des turbulences qu’ont connues les marchés financiers, et notamment émergents, quand la Fed a laissé entendre en mai dernier qu’elle allait revenir sur son programme d’assouplissement quantitatif.
Cet épisode «pourrait être le signe avant-coureur d’un nouveau réalignement (voire même d’un trop fort réajustement) des primes de risque avec les fondamentaux du marché obligataire, d’autant que les rendements des souverains les mieux notés et des titres d’entreprises à hauts rendements restent à des niveaux historiquement bas», commente le rapport. La BCE souligne que la décollecte récente des fonds obligataires a été relativement limitée au regard des flux reçus depuis 2009.
«Des réserves de cash réduites et une faible liquidité sur les marchés secondaires de la dette corporate et émergente, pourraient amplifier les évolutions futures des prix», poursuit le rapport. L’institution met particulièrement en garde contre les risques pris pour obtenir davantage de rendements et contre les conséquences pour la stabilité financière de la zone euro des ondes d’un nouveau choc sur les marchés émergents.
Pour que la sortie progressive des banques centrales des politiques monétaires non orthodoxes ne se traduisent pas par une remontée trop soudaine des taux, la BCE insiste sur l’importance des politiques d’orientation des anticipations (forward guidance) et sur la prédictibilité des politiques macroéconomiques. Il est aussi fondamental à ses yeux que les institutions financières soient suffisamment solides et surveillées par les régulateurs pour résister à tout choc sur les taux.
Même si les indicateurs de risques systémiques sont retournés à des niveaux proches de ceux d’avant la cris,e la BCE se garde de tout triomphalisme et recense d’autres menaces pour la stabilité financière. La confiance dans le secteur financier européen pourrait être remise en cause, d’où l’importance de la revue de qualité des actifs et des stress tests prévus pour l’année prochaine, ou encore des tensions pourraient sur les marchés souverains si les gouvernements ne mènent pas à bien les réformes nécessaires.
Plus d'articles du même thème
-
La BCE s’inquiète du levier des hedge funds sur les marchés obligataires
Le dernier rapport de stabilité financière analyse le levier croissant des hedge funds sur les marchés obligataires souverains via les stratégies d’arbitrage dites «basis trade». Des positions massives financées par les marchés de «mise en pension» («repo»), qui font peser un risque de ventes forcées et de volatilité accrue en périodes de stress. -
La France s’attend à la clémence de S&P
Ni le déficit budgétaire, ni l’instabilité politique, ni même la dégradation de l’économie mondiale liée à la crise au Moyen-Orient ne devraient trop peser sur la notation de l’agence, qui sera dévoilée vendredi. -
Le Maroc a bouclé sa plus importante émission en euros
Le pays a émis 2,25 milliards d’euros d’obligations en deux tranches à 8 ans et 12 ans, malgré le contexte de marché volatil, témoignant de la profondeur de ce marché. -
Les derniers comptes des ACM valorisent Ardian à 5,9 milliards d'euros
Les Assurances du Crédit Mutuel détenaient 20 % de la structure de tête du gestionnaire français de non-coté à la fin de 2025. L'assureur est un de ses actionnaires de référence depuis 2013. -
L’AMF veut accompagner l’innovation financière tout en protégeant les épargnants
A l’occasion de la présentation du rapport annuel de l’Autorité des marchés financiers, sa présidente a qualifié les arnaques financières de « phénomène de société ». Elle continue à prôner le rôle majeur de la France dans le projet d’Union de l’épargne et de l’investissement. -
QIA et Cofides s'allient pour soutenir le développement des PME espagnoles
QIA, le fonds souverain du Qatar, et Cofides, l’institution financière publique espagnole, ont annoncé un accord visant à créer un fonds d’investissement commun afin d’investir dans des projets stratégiques à travers l’Espagne.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- La réplication synthétique dévoie la vocation du PEA
- Pierre Séquier (Exane AM) : «L'Europe germanophone constitue un objectif pour notre développement»
- L’essor de la gestion passive continue de soutenir l’industrie des indices en 2025
- L’Italie cherche à canaliser l’épargne vers ses entreprises
- Invesco discute avec le fondateur de Zara pour lui céder l'immeuble Capital 8 à Paris
Contenu de nos partenaires
-
Démonstration de forcesAttal, Philippe, Retailleau : le match des meetings
Même dans un monde numérisé, le bon vieux meeting reste un incontournable. Il permet de mobiliser les troupes, de montrer les muscles, d'afficher l’unité. Mais peut être ravageur en cas de salle clairsemée -
FeuilletonLes Etats-Unis et l’Iran reprennent leur bras de fer... en attendant un deal ?
Après avoir multiplié les échanges de tirs, les deux pays auraient établi un cadre d'accord mais celui-ci n'a pas été validé par Donald Trump -
Old schoolAttal, Philippe, Retailleau : trucs et astuces pour réussir un meeting
Quel est le meilleur « ambianceur » entre les dirigeants de Renaissance, d'Horizons et des Républicains ? Gabriel Attal va bénéficier de l'expertise des Jeunes avec Macron mais Edouard Philippe et Bruno Retailleau sont tout autant déterminés à mettre le feu