La BCE se dit vigilante face aux menaces géopolitiques sur la reprise
La banque centrale a maintenu ses taux inchangés hier. Son président, Mario Draghi, a de nouveau évoqué la possibilité d’un QE et d’achats d’ABS
Publié le
Solenn Poullennec
Mario Draghi, président de la BCE. Photo : European Union 2014-EP
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La Banque centrale européenne (BCE) continue à se dire prête à aller plus loin s’il le faut pour soutenir l’économie de la zone euro qui pourrait souffrir du regain de tensions entre l’Union européenne et la Russie.
Lors de sa réunion d’hier, le conseil des gouverneurs de la BCE a décidé, comme prévu, de maintenir ses taux inchangés, avec un refi à 0,15%. Il considère qu’une reprise modeste se dessine toujours en Europe. Mais le président de l’institution, Mario Draghi, a reconnu que les dernières données économiques, parfois contradictoires, n'étaient pas évidentes à interpréter. Tout en jugeant qu’il était trop tôt pour évaluer les conséquences des sanctions russes contre l’Europe annoncées hier, le président s’est dit très attentif à l’évolution des risques géopolitiques.
Il a rappelé que le conseil des gouverneurs était unanimement prêt à user d’outils non conventionnels en cas de besoin. Mario Draghi a de nouveau souligné que la BCE pourrait lancer un programme d’assouplissement quantitatif (QE) et qu’elle a d’ores et déjà intensifié ses travaux préparatoires au lancement éventuel d’un programme d’achat de titrisations (ABS). Alors que les régulations européennes sont souvent jugées trop contraignantes pour cette classe d’actifs, il a souligné que la BCE souhaitait être prête à agir quoi que décident les régulateurs. Elle va recourir à un conseil extérieur pour travailler sur le sujet.
«Les achats d’ABS restent une perspective assez éloignée et un programme d’achat d’actifs très large nous paraît peu probable», écrit Frederik Ducrozet, chez Crédit Agricole CIB. «Nous continuons à penser qu’un programme d’achat d’ABS sera mis en place autour de la fin de l’année et que la probabilité d’un QE complet reste faible», estime pour sa part Marco Valli, chez Unicredit.
La banque centrale juge que, malgré la faibesse de l’inflation dans la zone euro en juillet, les anticipations d’inflation à moyen terme restent ancrées et en ligne avec sa cible. D’après Mario Draghi, les mesures annoncées en juin, et notamment le passage du taux de dépôt en territoire négatif, ont contribué à assouplir significativement les conditions monétaires. La baisse relative de l’euro par rapport au printemps (il était à 1,33 face au dollar hier) prouve aussi, selon lui, que les marchés reconnaissent la divergence des politiques monétaires de la Fed et de la BoE par rapport à celle de la BCE.
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