La BCE se convertit peu à peu à l’idée d’un assouplissement quantitatif complet
Mario Draghi a évoqué hier des rachats de dette souveraine, la seule manière, selon les observateurs, d’accroître le bilan de 1.000 milliards d’euros.
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Alexandre Garabedian
Les membres du conseil des gouverneurs de la BCE ne s’en cachent plus: les achats de dette souveraine font partie de leur boîte à outils. Mario Draghi, le président de la banque centrale, l’a explicitement admis hier lors de son audition par le Parlement européen. «D’autres mesures non conventionnelles pourraient entraîner l’achat d’actifs variés: les dettes souveraines sont l’un d’eux», a-t-il indiqué en réponse à une question. Des propos déjà tenus par Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, le 7 novembre. Ces déclarations ont entraîné hier un rétrécissement de 5 points de base des rendements à 10 ans espagnols et italiens, à 2,10% et 2,30%.
Mario Draghi a par ailleurs précisé que la BCE ne réglait pas son action en fonction des réformes structurelles menées par les gouvernements de la zone euro. Les opposants à un assouplissement quantitatif estiment qu’un «QE» relâcherait la pression des Etats à se réformer. «La BCE n’a pas été créée pour s’assurer que les gouvernements font les choses justes… nous avons un mandat», a souligné le banquier central.
Ce mandat, celui de la stabilité des prix avec une inflation inférieure mais proche de 2%, semble de plus en plus difficile à tenir. La dernière enquête trimestrielle des prévisionnistes professionnels conduite en octobre par la BCE a révélé une nouvelle détérioration des anticipations d’inflation, tombées à un niveau de 1% en 2015 et de 1,4% en 2016.
«La révision des prévisions d’inflation du staff de la BCE d’ici à la réunion de décembre aura une influence capitale sur la volonté de la banque centrale de mener des politiques non conventionnelles supplémentaires, sous la forme d’un vaste programme d’achat d’actifs», souligne Ken Wattret, économiste chez BNP Paribas. Peter Praet, membre du directoire de la BCE, a précisé hier que l’institution surveillait l’impact de la baisse des prix du pétrole sur l’inflation.
«Notre scénario central reste le lancement d’un QE sur des titres d’Etat début 2015: c’est le seul moyen pour la BCE d’augmenter la taille de son bilan de 1.000 milliards d’euros», estimait la semaine dernière Eric Bertrand, directeur adjoint des investissements chez CPR AM. Pour atteindre cet objectif – en fait, un retour à la taille du bilan en mars 2012 –, l’institution a déjà lancé des injections à 4 ans (TLTRO), des rachats de covered bonds (10 milliards d’euros en quatre semaines), et en fera autant ces jours-ci avec des ABS.
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Sébastien André Portfolio Manager, Euro ABS, Loomis, Sayles & Company
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