«La BCE restera flexible pour soutenir les marchés si nécessaire»

Frederik Ducrozet, économiste senior chez Crédit Agricole CIB
Solenn Poullennec

L’Agefi: La réaction positive des marchés de la dette souveraine au sommet européen peut-elle durer ?

Frederik Ducrozet : L’impact positif du sommet européen s’est déjà estompé au cours de la semaine écoulée, avec notamment des tensions réapparues sur les taux obligataires espagnols. Les annonces du sommet, en particulier la possibilité de recapitaliser les banques directement via le Mécanisme européen de stabilité (MES), constituent un progrès indéniable mais pour que le mouvement de baisse des taux reprenne et s’amplifie, le marché aura besoin de «carburant». Dans l’immédiat, sont notamment requis un calendrier détaillé et les modalités pratiques d’aide aux banques espagnoles, la renégociation du plan grec, et des précisions sur l’utilisation des outils du Fonds européen de stabilité financière (FESF) et du MES.

Quelles conclusions tirez-vous de la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) ?

La BCE frappe fort, une nouvelle fois. Non seulement elle baisse son principal taux directeur sous le seuil de 1% pour la toute première fois, mais elle laisse filer le taux de dépôt à 0% et, surtout, ces décisions ont été prises de façon unanime, ce qui n’était plus le cas récemment. L’objectif est de soutenir davantage les conditions de financement des banques, et de les encourager à prêter, entre elles et au secteur privé. Cela prouve, s’il en était encore besoin, que la BCE restera suffisamment flexible pour soutenir les marchés si nécessaire (et sous conditions). La réaction pour le moins mitigée des marchés à ces annonces montre avant tout que la BCE ne peut pas pour autant résoudre cette crise à elle seule. La balle est plus que jamais dans le camp des Etats membres.

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