La BCE reste sur ses gardes face au risque croissant de chocs externes
La BCE semble garder son cap au milieu de la tempête. «Compte tenu des événements intervenus sur les marchés internationaux, suite à l’accord sur la Grèce du 13 juillet, l’attention semble s’être déplacée vers la Chine et les Etats-Unis», indiquent les minutes de la dernière réunion du Conseil des gouverneurs de la BCE des 15 et 16 juillet, qui intégraient déjà la correction du marché actions chinois, mais pas la réforme de sa politique de change.
«Les développements financiers en Chine pourraient avoir un impact négatif plus fort qu’attendu, compte tenu du poids du pays dans les échanges internationaux. Ce risque pourrait prendre la forme de chocs négatifs issus de hausses de taux aux Etats-Unis sur la croissance des économies émergentes», ajoutent les minutes.
Or, la libéralisation forcée de la politique de change en Chine n’est pas sans impact pour la BCE, qui a fait de l’affaiblissement de l’euro un des moyens pour atteindre son objectif de retour de l’inflation vers sa cible de 2% et de soutien à la croissance. «Ces nouveaux évènements en Chine devraient avoir un impact sur les conditions monétaires en zone euro, notamment par le biais d’un renforcement de l’euro, mais aussi par une détérioration des anticipations d’inflation», estime ainsi BNP Paribas. La banque estime néanmoins qu’une dépréciation du yuan de 10% correspondrait à une appréciation du taux de change effectif réel de l’euro de 2%, et entrainerait une baisse de la croissance et de l’inflation en zone euro limitée à 0,1 point à horizon de 12 à 18 prochains mois.
La BCE a également alerté sur les conditions de liquidité, Benoit Cœuré mentionnant la difficulté rencontrée par les gérants à acheter des covered bonds éligibles à son QE. «Outre le ralentissement de l’offre à de faibles niveaux depuis mai, la volatilité a renforcé le statut d’instruments refuge dont bénéficie les covered bonds, favorisés par un traitement réglementaire favorable», explique Barclays.
«Plus les rendements souverains resteront bas et les actifs sûrs seront rares (une éventualité très probable en l’absence de signe de réduction de la taille des bilans de nombreuses banques centrales et la correction des déséquilibres budgétaires), plus le pourcentage d’actifs illiquides dans les portefeuilles de nombreux investisseurs sera susceptible d’augmenter», alerte aussi Natixis.
Plus d'articles du même thème
-
Les angles morts de la Contribution sociale de solidarité des sociétés
Exigible au 15 mai prochain, la C3S (ou Contribution sociale de solidarité des sociétés) reste souvent perçue comme une imposition marginale. Pourtant, c'est loin d'être le cas. Car des montants atteignant des centaines de milliers d’euros peuvent se retrouver en jeu. -
Inest Family Office émerge
Ce nouveau multi-family office est créé à l'initiative de deux anciens de Natixis Wealth Management, Benjamin Boylo et Aurélie Nourrin, avec le soutien de Jacques-Antoine Allain comme senior advisor. -
Les lignes de swap et les monnaies numériques de banque centrale ne détrôneront pas le dollar
Dans cette tribune, Basile Marin et Léo Marin, respectivement PDG d'Expansion, un fonds d’investissement dans les technologies et infrastructures de la bioénergie, et directeur des investissement d'Expansion Partners, expliquent que ces outils ne s’attaquent pas à l’avantage central du dollar : un coût de transaction structurellement inférieur lié à son rôle de monnaie pivot. -
La cryptobourse Coinbase licencie 14 % de ses salariés
Le courtier en cryptoactifs se sépare de 700 salariés. Son PDG, Brian Armstrong, blâme la volatilité des cryptomonnaies et l'intelligence artificielle. -
Vodafone devient seul maître à bord du leader des télécoms au Royaume-Uni
Le conglomérat hongkongais CK Hutchison cède sa participation de 49 % dans VodafoneThree pour 5,8 milliards de dollars. -
Un activiste jette le doute sur le fabricant d’armes tchèque CSG
A la frontière entre un média d’investigation et un fonds spéculatif, Hunterbrook s’en prend au fabricant de munitions qui s’est récemment introduit en fanfare à Amsterdam. CSG conteste les accusations et publie une réponse détaillée aux attaques sans parvenir à redresser la barre en Bourse.
ETF à la Une
La collecte a repris sur le marché européen des ETF en avril
- Ofi Invest AM choisit un ex-Axa IM comme directeur des gestions
- Amundi excède nettement les attentes au premier trimestre 2026
- L'IA pourrait réduire les coûts des gestionnaires d’actifs de 25% à 35% d'ici à cinq ans
- La gestion alternative liquide se trouve de nouveaux vecteurs de croissance
- BNP Paribas collecte 15,7 milliards d'euros dans sa gestion d'actifs au premier trimestre 2026
Contenu de nos partenaires
-
Calme, luxe et voluptéLe luxe de la terre à la lune…
Le luxe poursuit son orientation aujourd’hui vers une forme d’hospitalité traduisant une envie de rupture et de dépaysement. Est-ce le signe que le succès même du luxe « classique » l’a quelque peu banalisé, fait rentrer dans notre quotidien ? -
Choix des armesFace à l'« hiver démographique », les ingrédients des politiques familiales qui réussissent
La France, qui reste l'un des pays les plus féconds d'Europe, voit sa natalité baisser inexorablement. Le Haut commissariat au Plan propose des pistes pour tenter d'inverser ou au moins de stopper cette tendance inquiétante -
Restons calmesBateau de croisière contaminé : faut-il craindre une épidémie d’hantavirus ?
Depuis le 11 avril, trois personnes sont mortes sur un bateau de croisière à cause d'un virus transmis par des rongeurs. La situation, spectaculaire, rappelle la façon dont l'épidémie de Covid-19 s'est propagée. Une crainte à relativiser, selon un médecin et un chercheur