La BCE reste prête à agir face à une reprise économique encore fragile
Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, s’est montré très prudent sur la solidité de la reprise européenne lors de sa conférence mensuelle hier. Il a réaffirmé que la BCE pourrait de nouveau passer à l’action au cas où la remontée des taux en cours menacerait de la freiner.
«Je suis très, très prudent sur la reprise», a insisté Mario Draghi. Certes, le PIB dans la zone euro est ressorti positif à 0,3% au deuxième trimestre et la demande domestique y a très largement contribué. Cependant, la BCE considère toujours que cette tendance positive pourrait s’inverser, notamment sous le coup d’une augmentation du prix des matières premières. Les prévisions de croissance ont été revues très légèrement en hausse (de 0,2 pt) à -0,4% pour 2013. En revanche, celles pour 2014, ont été abaissées à 1% (-0,1 pt). Mario Draghi a réaffirmé que, conformément à sa politique d’orientation des anticipations annoncée en juillet, les taux resteraient à leur niveau actuel, voire plus bas, pour une période prolongée. Les prévisions d’inflation pour 2013 ont été légèrement réhaussées (+0,1 pt), à 1,5% mais celles pour 2014 restent inchangées, à 1,3%, soit bien en dessous de la cible de 2%. Dans ce contexte, le Conseil des gouverneurs a même discuté de l’opportunité de baisser les taux, avant d'écarter cette option.
Tandis que les banques continuent de rembourser les sommes empruntées lors des opérations de financement à trois ans (LTRO), Mario Draghi s’est dit très attentif au niveau de liquidité excédentaire et à l’évolution des taux monétaires. La nouvelle communication de la BCE n’a pas empêché les taux Eonia forward de passer de 0,27% début juillet à 0,57% hier. L’intervention du banquier central «laisse entendre que de nouvelles injections de liquidité et une extension des procédures d’allocation illimitée au-delà de juillet 2014 sont toujours des options pertinentes», écrit Carsten Brzeski, chez ING.
«La conférence de presse était tournée vers l’assouplissement monétaire autant qu’elle pouvait l’être compte tenu des dernières données économiques», estime l’économiste de BNP Paribas, Kenneth Wattret. Selon lui, la BCE «cherche à convaincre les marchés qu’elle est prête à agir». Mario Draghi a cependant laissé plusieurs économistes sur leur faim, dont Frederik Ducrozet chez Crédit Agricole CIB. Il plaide pour «plus de clarté» sur ce qui guide la réaction de la BCE.
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