La BCE reste dans la ligne de sa politique de rachat d’actifs

Jean-Claude Trichet n’a pas annoncé de programme massif de monétisation des dettes souveraines, comme l’espéraient certains
Violaine Le Gall

Mercredi dernier, des économistes s’étaient mis à espérer une annonce spectaculaire de la Banque centrale européenne afin de mettre un terme à la crise de la dette souveraine, certains évoquant même des rachats de titres pour 1.000 milliards d’euros. Finalement, l’institution a campé sur ses positions. Elle a maintenu son taux directeur à 1% et décidé, comme attendu depuis quelques jours, la continuation des opérations de refinancement avec allocation illimitée, au moins jusqu’à début avril. «En allongeant ses opérations avec allocation illimitée, la BCE a fait ce qu’elle pouvait pour calmer les marchés sans perdre de vue son objectif de stabilité des prix», estime Carsten Brzeski, économiste chez ING.

Enfin, le conseil des gouverneurs a décidé, à une «écrasante majorité» la poursuite de son programme d’achat d’obligations (SMP). La BCE aurait déjà commencé à augmenter ses achats. Mardi dernier, près d’un milliard d’euros d’obligations d’Etat auraient été acquis par la banque centrale. A titre de comparaison, elle est intervenue à hauteur de 1,3 milliard d’euros la semaine dernière, ce qui en faisait la semaine la plus active depuis deux mois. Hier, la banque centrale aurait encore acheté de la dette irlandaise, portugaise et grecque, d’après Bloomberg.

Pour Paul Mortimer-Lee, chef économiste de BNP Paribas CIB, la BCE devrait agir davantage dans une optique de prévention et donc concentrer ses achats sur les obligations d’Etat espagnoles. «L’objectif du SMP devrait être de stabiliser les anticipations de prix de la dette souveraine », explique-t-il. Selon lui, attendre que la dette souveraine se traite à un spread d’environ 500 points de base par rapport au benchmark et qu’elle ne puisse plus être placée, «c’est attendre bien trop longtemps».

L’euro est resté stable hier à 1,32. Le marché de la dette souveraine n’a pas montré de signes de déception suite à l’absence d’annonces d’ampleur, alors que les rendements s’étaient fortement resserrés mercredi sur des anticipations de nouvelles mesures importantes. La baisse de rendement des dettes souveraines de la zone euro s’est poursuivie, sauf sur le Bund. La banque centrale a par ailleurs présenté hier des prévisions proches de celles dévoilées en septembre dernier. Le PIB devrait progresser de 1,4% et l’inflation de 1,8% en 2011.

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