La BCE réclame un plus grand soutien des Etats européens
Réunis à Paris à l’occasion d’un colloque organisé par la Banque de France, les banquiers centraux ont rappelé l’importance de poursuivre leurs efforts de communication (forward guidance) et de transparence concernant les outils de plus en plus sophistiqués auxquels ils ont recours pour atteindre leur objectif commun de stabilité des prix.
La présidente de la Fed, Janet Yellen, a indiqué qu’aux Etats-Unis, «la normalisation monétaire est enfin en train d'émerger après la grande récession». Plus tôt, son homologue de la Fed de New York, William Dudley, a confirmé qu’elle pourrait intervenir «au cours de l’année prochaine».
Janet Yellen a néanmoins alerté que cette normalisation «peut conduire à une plus grande volatilité sur les marchés financiers». Le gouverneur de la banque centrale indienne, Raghuram Rajan, a en outre estimé qu’il «existe une forte pression pour revenir aux niveaux de croissance que nous avions avant la crise» aussi bien pour les pays développés et les économies émergentes. Or, les perspectives de croissance mondiale sont «médiocres» comme l’a rappelé Christine Lagarde, la présidente du FMI, qui table sur une croissance d’environ 5% dans les économies émergentes, 3% aux les Etats-Unis, et de seulement 1% en zone euro et au Japon.
Benoît Cœuré, l’un des membres de la BCE, a ainsi réaffirmé la volonté indéfectible de l’autorité à utiliser tous les outils dont elle dispose pour ramener l’inflation vers son objectif de 2%, tout en reconnaissant qu’en zone euro «l’espace budgétaire est limité» et que «la politique monétaire ne peut pas tout régler». D’où l’importance pour les gouvernements de mener des politiques de l’offre seules capables de «relever la croissance potentielle» au sein de la zone et de «se coordonner de façon plus contraignante sur leurs politiques structurelles».
L’initiative d’un plan européen d’investissement public-privé de 300 milliards d’euros a été saluée. A l’instar de Benoît Cœuré, Christine Lagarde a néanmoins remis la pression sur l’Allemagne, tout en prenant soin de ne pas la citer, en estimant que les pays disposant de capacités budgétaires devaient les utiliser. Christine Lagarde a même ajouté que les 10 milliards d’euros d’investissements supplémentaires sur 2016-2018 promis jeudi dernier par Berlin «sont très loin de ce qui serait nécessaire pour relancer la croissance».
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