La BCE propose ses recettes pour encadrer les gérants systémiques
Vitor Constâncio a ses idées pour encadrer les acteurs non bancaires et notamment les gestionnaires d’actifs d’importance systémique. Le vice-président de la Banque centrale européenne (BCE) a livré le 8 mai dans un discours des pistes pour renforcer la stabilité financière en zone euro, en détaillant trois points: l’information sur le secteur, les outils de politique macro-prudentielle, et le cadre juridique.
«Ce n’est pas que le secteur de la gestion d’actifs ne soit pas réglementé. En fait, nous avons une régulation des fonds très efficace en Europe, mais elle est largement taillée pour protéger les investisseurs plutôt que pour contenir les risques à la stabilité financière. Nous devons transformer certains des instruments déjà disponibles pour les gestionnaires de fonds en outils macro-prudentiels», estime le banquier central, qui rappelle que le Conseil de stabilité financière (FSB) a engagé des travaux sur les asset managers systémiques.
Parmi ces outils macro-prudentiels, Vitor Constâncio met en avant des exigences de liquidité supplémentaires, des tests de résistance, des charges en capital minimum et variables dans le temps, et des commissions de rachats. «Des limites bien définies au levier, surtout le levier synthétique lié aux dérivés, devraient aussi être introduites», propose le vice-président de la BCE. Pour les opérations de financement sur titres, «j’ai en tête des décotes minimums et contra-cycliques, qui limiteraient le levier et la volatilité des marchés financiers de manière plus efficace que les exigences de décote minimum recommandée récemment par le FSB».
La BCE dispose d’une information assez large sur les fonds d’investissement, avec des statistiques sur les actifs et les passifs par type de véhicules. Mais Vitor Constâncio y décèle des manques, comme «le levier synthétique créé par les produits dérivés ainsi que les opérations de prêts de titres et de financement dans le secteur de la finance parallèle». La mise en œuvre du règlement Emir devrait en partie corriger ce problème.
En revanche, le cadre juridique manque toujours en Europe pour mettre en œuvre les outils proposés de façon à harmoniser et placer les acteurs non bancaires d’importance systémique sous la coupe des autorités. Pour Vito Constancio, «il est important d’équiper les autorités compétentes en Europe avec des pouvoirs similaires» à ceux de la Fed au Etats-Unis vis-à-vis des institutions systémiques non bancaires.
Plus d'articles du même thème
-
Céline Dion pourrait apporter un léger coup de pouce à la croissance française
La star québécoise donnera 16 concerts devant 480.000 spectateurs à La Défense Arena cet automne. L’exclusivité mondiale de ces shows pourrait attirer de nombreux visiteurs étrangers à Paris et ajouter jusqu'à un milliard d'euros d'activités à l'économie française. -
La justice américaine abandonne les poursuites contre Jerome Powell
Cette décision devrait ouvrir la voie à la nomination de Kevin Warsh en tant que prochain président de la banque centrale américaine. -
Argan verdit son financement
La foncière cotée a émis une obligation de 500 millions d’euros assortie d’un coupon proche de 3,8 % et conforme à son tout nouveau cadre de financement vert. -
La start-up canadienne d'IA Cohere rachète l'allemande Aleph Alpha
Cette acquisition, annoncée vendredi 24 avril par les ministres allemand et canadien du numérique, est destinée à donner naissance à une entreprise visant à créer des systèmes d’IA «souverains», alternatifs à OpenAI et consorts. -
Le signal positif de Seb est reçu cinq sur cinq par les investisseurs
Après deux avertissements sur résultats en 2025, le spécialiste du petit électroménager domestique entame 2026 sur une note positive avec des ventes rassurantes au premier trimestre -
PARTENARIAT« Pour les banques, les nouveaux systèmes cloud vont répondre aux nouvelles exigences de marché »
Entretien avec Camille de Mari, Directeur Issuing Data Solutions de Visa, pour la France, la Belgique et le Luxembourg.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- Des gestionnaires actifs alertent sur les dangers cachés de la gestion passive
- Lionel Paquin : « Ce n’est pas Praemia qui est en crise mais le marché de l’immobilier »
- Vincent Cornet quitte le directoire de LBP AM
- Amundi attribue une rémunération de 2,67 millions d’euros à Valérie Baudson pour 2025
- Axiom AI doit parer aux aléas de toute fusion
Contenu de nos partenaires
-
Milan : Le Salone del Mobile, nouvelle scène stratégique du luxe
Pendant plus de soixante ans, Milan appartenait aux éditeurs italiens. Une scène maîtrisée, codifiée, où B&B Italia, Cassina ou Poltrona Frau dictaient le tempo du design mondial. Cette époque n’a pas disparu — elle s’est diluée. Car désormais, ce sont les maisons de luxe qui occupent le terrain, transformant la Milan Design Week en une extension de leur territoire symbolique. -
G7 environnement Paris : pourquoi le climat a été écarté pour obtenir un accord avec les Etats-Unis
La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, experte de la diplomatie climatique, salue des « résultats exceptionnels » après avoir essuyé des critiques sur sa méthode pragmatique -
Blame gameMidterms : Donald Trump et le Parti républicain en eaux troubles
En pleine préparation des midterms, les républicains affrontent une accumulation de mauvaises nouvelles : défaite en Virginie dans la guerre du redécoupage électoral, inflation en hausse et impopularité croissante de Donald Trump