La BCE place les Etats européens devant leurs responsabilités
Je suis totalement en faveur d’un QE européen, mais ce serait une erreur d’en faire une panacée. Il y a toutes les raisons de penser qu’un QE aura moins d’impact en Europe». Larry Summers, l’ex-secrétaire d’Etat au Trésor américain, a bien résumé mercredi à Davos le sentiment général. Si un programme d’assouplissement quantitatif est jugé nécessaire en zone euro pour contrer la déflation, rien ne dit qu’il sera suffisant.
«Sans réformes ni soutien budgétaire, le QE risque d’engendrer une forte hausse des prises de risque financier, et peut gonfler les anticipations d’inflation, mais pas la croissance de long terme», estime Alberto Gallo, stratégiste de RBS. Hier, Mario Draghi, n’a pas dit autre chose en exhortant une nouvelle fois les gouvernements et la Commission européenne à faire leur travail. «La politique monétaire peut créer la base pour la croissance. Mais pour que la croissance décolle, il faut de l’investissement, donc de la confiance, donc des réformes structurelles», a indiqué le président de la BCE, en soulignant que «la consolidation budgétaire doit être favorable à la croissance».
Si le premier QE de la Fed fin 2010 a permis aux Etats-Unis d’éviter la déflation, les canaux de transmission de la politique monétaire à l’économie y semblaient beaucoup plus efficaces qu’en zone euro aujourd’hui. Ces canaux sont de plusieurs ordres: la dépréciation de la devise, qui favorise les exportations, le crédit, facilité par les taux d’intérêt bas, l’effet richesse des ménages dû à la hausse du prix des actifs financiers, ou encore les effets de portefeuille qui poussent les investisseurs à sortir des dettes souveraines au bénéfice des actifs à risque. Mario Draghi a aussi insisté sur la remontée attendue des anticipations d’inflation grâce au QE, ce qui permettrait de baisser les taux d’intérêt réels avec une politique de taux nominaux à zéro.
«Aux Etats-Unis, les canaux de transmission de l’effet richesse et du crédit étaient actifs, parce que les consommateurs avaient des emplois et que 80% du financement se fait par le marché obligataire. En outre, la politique budgétaire (un déficit de 12%) était beaucoup plus accommodante», souligne Alberto Gallo. En zone euro, le taux de chômage est très supérieur, le crédit distribué par des banques qui doivent encore muscler leur capital, les économies sont moins flexibles et les politiques budgétaires plus restrictives. Quant aux taux, ils se sont déjà largement resserrés.
Plus d'articles du même thème
-
Portée par l'IA, la Chine a enregistré une forte hausse de ses exportations en mai
Les échanges commerciaux du pays ont accéléré le mois dernier malgré la guerre en Iran, grâce notamment aux produits de haute technologie et à l'automobile. -
EXCLUSIFMuzinich & Co lance un fonds de droit français sur la dette privée
Le gestionnaire d'actifs américain crée un véhicule evergreen accessible dans l'assurance-vie française à partir de 1.000 euros et sans période de détention minimale. Son portefeuille devrait comprendre une cinquantaine de prêts seniors garantis. -
OpenAI lance son projet d'introduction en Bourse
L'opération pourrait valoriser le spécialiste de l'intelligence artificielle près de 1.000 milliards de dollars. Elle ne devrait pas être lancée avant septembre. -
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
Le gestionnaire réplique un indice Stoxx qui intègre un mécanisme d’entrée rapide des IPO en son sein. -
Le marché des prêts à effet de levier roule à plein régime
Portés par une liquidité abondante et un manque de nouvelles émissions, les investisseurs acceptent des marges toujours plus faibles pour financer des entreprises soutenues par les grands fonds de private equity. Un environnement qui permet aux emprunteurs de réduire leur coût de la dette, d'allonger leurs maturités et parfois même de distribuer du cash à leurs actionnaires. -
Valérie Baudson est nommée vice-présidente de Paris Europlace
Augustin de Romanet a par ailleurs été réélu à la présidence de l'association pour un nouveau mandat de quatre ans.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- Derrière l’affaire Uzès Gestion, la délicate question de la direction de fait
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- Greystar boucle le plus grand fonds résidentiel européen value-add
- RockFi s'appuie sur BlackRock pour démocratiser la personnalisation du conseil
Contenu de nos partenaires
-
HorizonPrésidentielle : la promesse intenable du candidat Attal
Le candidat Renaissance veut que la France redevienne la première puissance européenne en dix ans. Promesse volontariste, à ne pas prendre au pied de la lettre -
Sélection Gestion de Patrimoine - Dossier réalisé en partenariat avec Le ConservateurLe retour en force des enjeux civils
La cohérence entre dimensions civiles, fiscales et économiques devient aujourd’hui indispensable pour sécuriser durablement les patrimoines familiaux, selon Blandine Prouvost, directrice de l’ingénierie patrimoniale au sein du Conservateur, et Antoine Herlin, avocat fiscaliste -
Game changerRoyaume-Uni : le débat sur une refonte du système électoral fait son chemin
En campagne pour l’élection partielle de Makerfield et la succession de Keir Starmer, le travailliste Andy Burnham prône le passage à la proportionnelle pour les élections législatives