La BCE peut-elle stimuler l’investissement des entreprises ?
En zone euro, la faiblesse de l’inflation est aussi due à celle de la demande d’investissement des entreprises. La BCE doit donc aussi chercher à la stimuler. Mais comment s’y prendre ? Au-delà du manque de confiance, les freins à l’investissement des entreprises sont aujourd’hui l’absence de convergence des taux de crédit entre pays et le manque de production de nouveaux crédits aux PME dans la périphérie.
Jusqu’ici, aucun instrument de politique monétaire n’a vraiment ciblé ces problèmes. Les banques ont titrisé massivement des prêts aux PME pour bénéficier des financements BCE, mais ceci n’a pas profité à la production de nouveaux prêts aux PME. Le lancement d’un programme d’achats d’ABS ou de CLO adossés à du crédit aux PME ferait diminuer les spreads de ces actifs, et stimulerait probablement la production, mais il n’en améliorerait pas la qualité sous-jacente, et ce marché reste étroit.
Un financement préférentiel pourrait être mis en place sur les nouveaux prêts PME. Avec des taux à zéro et une possible taxation des liquidités excédentaires, il faudrait que la BCE offre un refinancement gracieux sur une très longue période de temps pour inciter les banques à souscrire un tel programme (60% des crédits aux entreprises ont une maturité supérieure à 5 ans). Une LTRO très longue conditionnée à des crédits PME serait une solution similaire.
La BCE pourrait aussi acheter des titres de la BEI pour participer à un financement des investissements, mais cet instrument est en fait limité par le nombre de projets à financer. Enfin, il reste le «très» non conventionnel: «helicopter money» sous forme d’un chèque avec date de péremption distribué aux entreprises pour financer des investissements ou rembourser des dettes. Peu probable aujourd’hui, même si Axel Weber avait émis une proposition dans ce sens au début de la crise financière. Rien de simple donc, et c’est pourquoi la BCE n’a rien entrepris déjà.
{"title":"","image":"81088»,"legend":"La demande d\u2019investissement des entreprises reste faible en Europe.»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
La nervosité des investisseurs à l'égard de l’IA grimpe d’un cran au cœur de l’été
Le secteur des semi-conducteurs s’est subitement envolé en Bourse en fin de semaine après s’être effondré lors des jours précédents. Des réactions extrêmes qui traduisent la fébrilité du marché quant aux perspectives de l’intelligence artificielle. -
Les pétroliers américains préparent le terrain à des périodes moins fastes
Exxon Mobil et Chevron ont tous deux consacré une partie de leur excédent de trésorerie à la diminution de leur endettement au deuxième trimestre 2026. -
La baisse du bitcoin continue d'affecter les bénéfices de Coinbase
La plateforme d'échanges de cryptomonnaies multiplie les initiatives pour diversifier son offre. Toutefois, ses résultats financiers restent à la merci du cycle de la première des cryptomonnaies. -
En août, vos opérations de change peuvent vous coûter beaucoup plus cher
Comme chaque semaine, retrouvez le coup d’oeil de DeftHedge sur le marché des changes. -
M&G nomme un ancien dirigeant de H.I.G. à la tête de sa plateforme d’infrastructures
John Bruen rejoindra Infracapital le 1er septembre, en remplacement de Martin Lennon, qui partira à la retraite. -
La Banque Postale se dope à la marge nette d’intérêt
Comme le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel Alliance Fédérale, la filiale bancaire du groupe La Poste bénéficie à plein de la configuration des taux, alors que la contribution de CNP Assurances marque le pas.
ETF à la Une
Pimco lance un nouvel ETF Ucits
- Un gestionnaire d’actifs saoudien liquide un fonds géré par un gérant français
- BNP Paribas et Natixis vendent l’éditeur de logiciels SLIB à Objectway
- Raphaël Zenou rejoint Natixis IM pour développer les ETF
- Amundi surfe sur une vague de records au deuxième trimestre 2026
- Le taux d’opposition des gérants en assemblée générale reste élevé
Contenu de nos partenaires
-
Mur des lamentationsEmmanuel Macron, le « doudou » et les « pleureuses »
Entre 2012 et 2014, François Hollande ironisait sur les « pleureuses » (les patrons) qui venaient se lamenter dans le bureau de leur « doudou » ( Emmanuel Macron) -
Come backPrésidentielle : comment Hollande drague à son tour les patrons
Depuis quelques mois, l'ex-président honni rencontre de nombreux chefs d'entreprise qui prennent en considération son futur programme. Ce n'est pas de l'amour, mais de l'intérêt bien compris -
EditoImmigration : il y aura un avant et un après Ceuta
Cette crise a valeur de test pour l'Europe mais aussi pour les candidats de gauche et de droite à la présidentielle