La BCE envoie une mise en garde aux dirigeants européens
La BCE va doubler ses fonds propres avant la fin 2010. L’institution, dont le programme d’achat de dette (SMP) a atteint la semaine dernière les 72 milliards d’euros, a décidé hier d’augmenter le 29 décembre son capital souscrit de 5 milliards d’euros, le portant à 10,76 milliards. Cette augmentation de capital est la première depuis 1999. Elle lui permet de relever ses provisions, qui, additionnées aux réserves, ont déjà atteint le montant du capital libéré de la BCE.
Cette augmentation de 5 milliards sera effectuée à hauteur de 3,48 milliards par les banques centrales des pays de l’Europe des Seize et 1,52 milliard pour les autres institutions monétaires des Vingt-Sept. Concernant la première catégorie, la contribution sera effectuée sur les quotas habituels de capital (autour de 18,9% pour l’Allemagne, 14,2% pour la France, 12,5% pour l’Italie, 8,3% pour l’Espagne...) et en trois versements annuels de 1,16 milliard, dont le premier est fixé au 29 décembre.
Selon la BCE, cette décision résulte d’«une évaluation de l’adéquation du capital statutaire réalisée en 2009» et est appropriée vu «la volatilité accrue des taux de change, des taux d’intérêt, des cours de l’or et du risque de crédit». D’après UniCredit, les achats entamés depuis mai 2010 «ne semblent pas être la raison spécifique derrière cette décision». Alors que la taille du bilan de l’Eurosystème flirte avec les 2.000 milliards d’euros, ING estime a contrario que cette décision «peut être vue comme une mesure de précaution en vue de pertes futures potentielles, probablement nourries par les dettes périphérique dans le bilan de la BCE». Les titres achetés dans le SMP ne sont pas valorisés en mark-to-market, rappelle Gilles Moëc chez Deutsche Bank, mais une restructuration serait synonyme de pertes.
Reste qu’une banque centrale n’a par définition pas de problème de solvabilité. La BCE envoie avant tout un message aux leaders européens, réunis en sommet hier et aujourd’hui, signalant que le SMP n’est pas sans risque. «Il revient, non pas à la BCE, mais aux politiques européens de résoudre la crise souveraine», résume ING.
D’ailleurs, l’absence d’un mécanisme de stabilisation financière pérenne pénalise les pays périphériques, notamment l’Espagne. Sous la menace d’une dégradation par Moody’s, l’Etat a vu son coût de financement flamber de 83 pb sur son adjudication de dette à 10 ans et de 141 pb sur celle de sa dette à 15 ans.
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