«La BCE devrait à nouveau agir dès le mois de mars»
Thierry Sarles, responsable de la gestion taux chez CPR AM
Publié le
Patrick Aussannaire
- L’Agefi : La BCE va-t-elle à nouveau agir dès le mois de mars ?
- Thierry Sarles : Elle devrait le faire. Sa dernière intervention remonte au mois de novembre dernier quand elle avait baissé son taux de refinancement à 0,25%, action expliquée principalement par une baisse trop forte du taux d’inflation IPCH le mois précédent. Le discours qui a suivi a pointé deux risques, le premier concernant une volatilité non souhaitée sur le marché monétaire, le second, un nouveau décrochage des anticipations d’inflation ou de l’inflation elle-même. Or, en janvier, l’inflation est encore sortie sous les attentes, en baisse, et l’Eonia a fixé plusieurs jours au-dessus du niveau du refi, ce qui est inhabituel. Ainsi, des anticipations s’étaient cristallisées sur la réunion de février, mais la BCE agira plus facilement à l’aide des nouvelles prévisions macroéconomiques données en mars.
- Quel effet sur les spreads peut-on attendre d’un éventuel assouplissement ?
- Deux solutions sont possibles. La première consisterait pour la BCE à abaisser son taux de refinancement à nouveau, de 10 à 15 pb, en faisant passer ou pas le taux de la facilité de dépôt en territoire négatif. Ceci contribuerait à faire baisser encore plus tous les taux, rendant encore plus attractifs les titres périphériques. La seconde solution serait de rajouter de la liquidité dans le marché, soit en abaissant le taux de réserve obligatoire, soit en arrêtant de stériliser les titres détenus dans le cadre du SMP, ce qui serait anticipé comme une entrée dans le «quantitative easing» - et la Bundesbank vient de lever son opposition. Cette solution provoquerait un appel d’air sur les dettes périphériques, faisant baisser vraisemblablement encore plus les spreads que dans la première solution.
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