La BCE cherche à calmer l’appétit des investisseurs pour les actifs européens
Dans son rapport de stabilité financière, l’autorité s’inquiète d’un retournement brutal des investissements motivés par la recherche de rendements
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Patrick Aussannaire
La BCE jette un froid sur l’appétit pour les actifs européens manifesté par les investisseurs. Dans son rapport semestriel de stabilité financière publié hier, l’autorité monétaire s’inquiète des motifs qui les conduisent à se tourner vers les obligations des pays périphériques mais également vers la dette des entreprises notées en catégorie spéculative offrant des rendements attractifs dans un contexte de faiblesse des taux. «Avec l’intensification de recherche de rendements, les risques de constitution de déséquilibres augmentent également, ainsi que la probabilité d’un débouclage massif et désordonné de ces récents flux d’investissements», estime ainsi le rapport.
Dans ce contexte, les fonds d’investissements et les fonds monétaires sont les plus exposés à un risque de retournement brutal de tendance au sein de poches illiquides, dû à des ajustements probables de prix. Les actifs européens pesaient en effet à hauteur de respectivement 75% et 40% de leurs actifs totaux à la fin de l’année dernière.
Si elle constate que les tensions financières sont jusqu’ici restées «stables et faibles» et reconnaît que cet appétit «a de bien des manières bénéficié à la fois aux banques et aux Etats de la zone euro», la BCE rappelle également que la soutenabilité de la demande pour les actifs européens est largement dépendante de la solidité de la reprise des économies de la zone, de l’évolution des risques géopolitiques et de la vulnérabilité de l’économie chinoise, mais également des problématiques de valeur relative telles que la poursuite des rééquilibrages de portefeuille hors des marchés émergents.
C’est à ce titre que la BCE appelle l’ensemble des institutions financières à constituer «des coussins suffisants et/ou des couvertures pour amortir un éventuel réajustement des primes de risque». Sans compter que les économies de la zone euro ne sont pas à l’abri d’une résurgence des inquiétudes quant à la pérennité de leur niveau d’endettement dans le cas de pare-feux insuffisants, d’un ralentissement des réformes structurelles et d’une période prolongée de faible croissance nominale du PIB.
«Les tensions sur les obligations souveraines ont ralenti avec les ajustements budgétaires mis en place, mais les coûts des emprunts d’Etat et les détentions d’obligations souveraines par les banques sont vulnérables à un retournement brutal de la recherche de rendements», avertit la BCE.
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