La BCE baisserait son taux de refi à 0,75% si les effets bénéfiques du sommet persistaient

Avant ce week-end, les analystes étaient nombreux à parier sur une baisse de 50 pb. La détente des taux souverains pourrait changer la donne
Solenn Poullennec

La Banque centrale européenne (BCE) devrait abaisser son taux de refinancement de 25 à 50 points de base lors de la réunion de jeudi prochain. C’est du moins ce qu’estimaient la plupart des membres du Panel taux à la veille du sommet européen. La prévision médiane du taux directeur reste à 0,75%.

Cependant, Amundi, CPR AM, La Francaise AM et Natixis qui croyaient en juin que la BCE maintiendrait son taux à 1%, se sont ralliés à l’idée qu’elle allait l’abaisser à 0,75%. Aurel BGC a même revu sa prévision de 0,75% à 0,50%, pour rejoindre Crédit Agricole, Nomura et Pimco, déjà convaincus d’une baisse de 50 pb le mois dernier. Pour les analystes de SG CIB, une baisse des taux ne fait pas de doute car les gouverneurs en avaient déjà débattu en juin. Depuis, l’inflation a baissé et les «indicateurs récents, notamment les derniers PMI suggèrent que le ralentissement économique se propage à l’Allemagne».

Cependant, le sommet européen pourrait décider de l’ampleur de la baisse. Vendredi, les politiques s’étaient accordés sur l’intervention des fonds de secours sur le marché primaire de la dette et d’une recapitalisation directe des banques espagnoles via le Mécanisme européen de stabilité. Ces annonces se sont traduites par une détente spectaculaire des taux à dix ans de l’Espagne (6,25% soit -60 pb) et de l’Italie (5,7% soit -40 pb).

Pour BNP Paribas CIB, un sommet décevant aurait poussé la BCE à abaisser son refi de 50 pb, quitte à réduire le corridor (écart entre le taux de la facilité de prêt et celui de la facilité de dépôt) pour que les banques ne payent pas quand elles laissent leur argent à la BCE.

Si les effets bénéfiques du sommet persistent, la baisse ne serait que de 25 pb selon l’analyste de la banque, Ken Wattret. A ses yeux, «la relance du programme d’achat de dette de la BCE (SMP) nous semble assez improbable. Des changements dans l’éligibilité du collatéral ouvrant la voix à une nouvelle injection de liquidité à long terme (LTRO) sont plus plausibles».

Après le dernier assouplissement des règles de collatéral, les analystes de Crédit Agricole CIB ne croient pas à de nouvelles mesures non conventionnelles. S’ils parient sur une baisse du refi de 25 pb, ils doutent de son efficacité: «dans la mesure où le crédit bancaire demeure contraint (…) les incitations à «libérer» le cash redéposé à la BCE resteraient donc a priori limitées».

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