La BCE amorce la deuxième phase de sa revue d’actifs des banques européennes
L’autorité européenne passera au crible quelque 3.720 milliards d’euros d’actifs pondérés risqués détenus par 128 établissements financiers
Publié le
Patrick Aussannaire
La phase 2 de l’AQR est lancée. La BCE a rendu publics hier les détails concernant la revue de la qualité des actifs des banques européennes (AQR), et notamment la définition qu’elle donnera aux prêts non performants dans le cadre des stress tests dont les résultats seront publiés en octobre, en coopération avec l’Autorité bancaire européenne (EBA). Ce sont ainsi quelque 3.720 milliards d’euros d’actifs pondérés risqués détenus par 128 établissements financiers de la zone, soit environ 58% de leurs actifs totaux, qui seront passés au crible.
«La taille de l’échantillon dépendra de l’homogénéité du portefeuille, du nombre total de débiteurs et de leur niveau de concentration», précise la BCE dans un rapport de 285 pages. L’AQR adoptera une approche simplifiée des définitions de prêts non performants préalablement instaurées fin décembre dernier par l’EBA.
L’évaluation complète du bilan des banques, qui comprend une moyenne de 1.250 portefeuilles de crédits par établissement, se concentre sur la valeur des actifs les plus risqués servant de garantie (collatéral) aux prêts immobiliers, au secteur maritime, aux petites entreprises, ainsi que les actifs en extinction tels que les prêts et produits dérivés à effet de levier et financements de projets. Les tests vont également viser les méthodes de valorisation utilisées par les banques pour les actifs dits «de niveau 3», qui ne bénéficient pas de marché liquide ou de comparateurs fiables détenus dans leurs «books» de trading. Ils comprennent certains produits dérivés, les actifs immobiliers ayant fait l’objet de saisie et les participations en capital-investissement.
La revue d’AQR engendrera une série d’indicateurs clés qui seront utilisés dans le cadre des stress tests. Parmi eux: les ajustements dans la segmentation des données, le ratio AQR de Common Equity Tier 1% appliqué aux banques systémiques, mais aussi la probabilité de dépréciation d’actifs, et la prise en compte des pertes pour dépréciation. «Les banques devront intégrer les remarques faites dans les AQR dans leurs comptes, quand cela sera jugé nécessaire dans la période comptable adaptée en 2014 suite à la publication des résultats de l’AQR», indique le rapport.
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