La réunion mensuelle s’est soldée hier par un statu quo et un renvoi à la publication début mars de ses projections actualisées d’inflation à 2016
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Patrick Aussannaire
La BCE mise sur le «Draghi Put». La réunion du conseil des gouverneurs de la banque centrale européenne qui s’est tenue hier et dont les investisseurs attendaient beaucoup pour clarifier les outils privilégiés par l’autorité pour une action prochaine, a finalement laissé un goût d’inachevé. «Mario Draghi n’a pas été plus accommodant que le mois dernier, contrairement aux attentes de marché, et n’a pas non plus évoqué explicitement une nouvelle baisse de taux ou des mesures à venir sur la liquidité», estime CA CIB.
Si le statu quo était attendu par le consensus, «la question est de savoir s’il s’agit plus d’une question de timing, ou de barrières à une nouvelle action», se demande RBS. «La raison pour laquelle nous avons décidé de ne pas agir aujourd’hui tient à la complexité de la situation... et à la nécessité d’avoir plus d’informations», s’est justifié Mario Draghi. Un manque d’informations qui entraîne de fortes attentes de la part des marchés sur une prochaine action concrète de la BCE.
Le marché des changes a d’ailleurs vivement réagi à l’annonce avec une hausse de l’euro de 1% contre dollar à 1,36, et de 1,3% contre yen à 138,54. Dans le même temps, les spreads entre rendements des pays périphériques et pays cœur de la zone euro se resserraient, avec une hausse des taux 10 ans français et allemands de 5 et 6 pb à 2,28% et 1,7%, et une chute parallèle des taux espagnols et portugais de 6 et 4 pb, à 3,64% et 4,92%.
Le président de la BCE a surtout évoqué la publication le 13 février de l’enquête des prévisionnistes professionnels, mais surtout celle début mars de ses projections actualisées, étendues pour la première fois à l’année 2016. Ce qui lui permettra de renforcer sa «forward guidance». Une révision à la baisse des projections de croissance et/ou d’inflation pourrait entraîner une baisse du taux de refinancement à 0,10%, selon Morgan Stanley.
Mario Draghi n’a pas écarté le recours à des outils non conventionnels, tels que l’arrêt de la stérilisation du programme SMP ou le rachat de titres sur le marché secondaire. Mais c’est le recours au marché de la titrisation de crédits bancaires (ABS) qui semble être privilégié. «Nous considérons l’assouplissement de crédit comme plus probable que l’assouplissement quantitatif, comme l’ont confirmé les propos de Mario Draghi sur les ABS vanilles», estime RBS.
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