« La BCE a une marge de manœuvre assez considérable pour les achats de titres »
Eric Bourguignon, directeur général délégué de Swiss Life AM (France)
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Violaine Le Gall
L’Agefi : La Banque d’Angleterre va-t-elle reprendre rapidement son programme d’assouplissement quantitatif ?
Eric Bourguignon : L’économie britannique a connu un ralentissement assez brutal au cours du second trimestre, et les derniers indicateurs d’activité publiés n’augurent rien de bon pour les trimestres suivants. Dans ce contexte, la politique monétaire restera durablement accommodante pendant longtemps encore, et on peut effectivement s’attendre à ce que la BoE reprenne rapidement le programme d’achat de Gilts qu’elle avait interrompu en janvier dernier, comme elle le laisse entendre dans ses minutes de septembre. Elle avait par ailleurs déjà préparé les marchés à cette éventualité dans son dernier rapport trimestriel en insistant sur le bilan très positif de sa politique d’assouplissement quantitatif.
Le programme de rachat de titres de la BCE est-il suffisant pour stabiliser les taux longs espagnols et italiens ?
La BCE ne semble pas avoir de programme précis d’achat de dette publique, comme pouvaient l’avoir en leur temps la Fed ou la BoE. On peut imaginer qu’elle poursuivra ses achats d’emprunts italiens et espagnols tant que les tensions ne se relâcheront pas sur le marché des dettes périphériques, et que des considérations politiques ne l’empêcheront pas d’agir… Contrairement à la Fed qui porte plus de 1.630 milliards de dollars de titres d’Etat, la BCE dispose d’ailleurs d’une marge de manœuvre assez considérable en la matière. Malgré ses acquisitions récentes, elle ne détient en effet pas plus de 150 milliards d’euros d’obligations gouvernementales européennes.
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