La Banque Postale AM boucle son fonds de dette infrastructure et immobilière
Agréé à l’automne dernier, le fonds commun de titrisation (FCT) de La Banque Postale Asset Management (LBPAM) vient d’atteindre son objectif de collecte de 500 millions d’euros. Pour ce nouveau produit spécialisé dans la dette infrastructure et immobilière, le gestionnaire a levé, comme prévu, 300 millions d’euros auprès de CNP Assurances, le partenaire de sa maison mère en assurance vie. Le reste provient de La Banque Postale elle-même, d’assureurs et institutions de prévoyance extérieurs au groupe, et même d’un industriel, selon une source interne.
Annoncé pour fin novembre, puis fin décembre, le closing du fonds a été retardé par la nécessité de faire «beaucoup de pédagogie auprès des investisseurs», explique une autre source. Il permet à LBPAM de se positionner sur un créneau jugé porteur à l’heure de la désintermédiation croissante des financements en Europe, mais lent à démarrer.
En dehors de cette expertise, le gestionnaire a résisté à la décollecte subie l’an dernier par d’autres filiales de banques, comme BNP Paribas Investment Partners et Natixis AM. Malgré des sorties nettes sur les particuliers clients du réseau de La Banque Postale, il affiche une collecte nette de 3,5 milliards d’euros, soit plus qu’en 2011 (700 millions) mais moins qu’Amundi (15,2 milliards). Sa base d’encours est toutefois cinq fois plus petite, à 137,5 milliards d’euros fin 2012. Ces derniers ont crû de +10% l’an dernier, grâce notamment aux actifs obligataires. En hausse de 9,5 milliards d’euros, ils représentent 72 % du total. «Nous avons subi le désamour pour le monétaire au bénéfice des obligations […] et des mandats institutionnels», a indiqué hier Chantal Lory, nouvelle présidente du directoire de LBPAM, lors de la présentation des résultats de La Banque Postale.
A l’échelle du pôle de gestion d’actifs, qui compte aussi des entités plus petites comme Tocqueville Finance et XAnge Private Equity, «la contribution économique reste exactement la même» qu’en 2011, relève Philippe Wahl, président du directoire de La Banque Postale. Le produit net bancaire du pôle est resté stable à 120 millions d’euros, tout comme les frais de gestion (68 millions) et le résultat d’exploitation (52 millions). Pour 2013, «nous cherchons de nouvelles voies de développement même si la situation est difficile», indique Philippe Wahl qui mise sur de nouveaux «contenus» relevant de l’investissement socialement responsable.
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