La banque PBB presse Carlyle de vendre le 23 rue de l’Université

Le fonds immobilier a obtenu un délai de paiement sur le prêt auprès de la banque allemande. La cession du bien achoppe sur le prix
Violaine Le Gall

Le ton monte depuis quelques mois autour du 23 rue de l’Université, cet ensemble acquis en 2005 par Carlyle Real Estate, rénové, aménagé par Gérard Garouste et loué partiellement au loyer le plus élevé de la Rive Gauche, à 830 euros par mois et par m² pour des baux de plus de 9 ans.

Pour financer l’acquisition, Carlyle Europe Real Estate Partners II avait souscrit un prêt à la banque allemande Hypo, devenue Pfandbriefebank (PBB). Les conditions du prêt de 161 millions d’euros ont été revues par avenant en février 2007, juillet 2008 et septembre 2011. Puis, en novembre 2011, PBB est devenu propriétaire des créances de loyers par la signature des bordereaux Dailly. Au printemps, les parties ont porté l’affaire en justice. PBB, faisant valoir que la société détenant l’actif est en cessation de paiement depuis le 17 février 2012, l’a assignée en liquidation judiciaire le 2 avril, lit-on dans l’ordonnance du tribunal de commerce de Paris du 14 avril.

Dans le texte, on apprend que la banque justifie son refus d’accorder un délai de paiement à l’emprunteur par le fait qu’il était «invraisemblable» que l’ensemble immobilier puisse être cédé d’ici à fin 2012 aux 300 millions d’euros voulus par Carlyle. Le fonds a contesté et a obtenu gain de cause. Le tribunal a estimé que les conditions de commercialisation seraient meilleures en l’absence de liquidation judiciaire et que la banque ne subirait pas de dommages liés à ce délai de paiement: l’ensemble a été évalué en début d’année à 267 millions d’euros par les experts de la banque.

Carlyle Real Estate doit à présent vendre l’actif avant la fin de l’année, a tranché le tribunal. «Le dossier va avancer à la rentrée», indique une source proche de Carlyle à L’Agefi. «Le 23 rue de l’Université est marketé depuis plus d’un an mais aucune offre n’aurait été retenue, pour une question de prix, confié un professionnel de l’immobilier. En obtenant un délai sur le remboursement du prêt, le vendeur souhaite certainement obtenir du temps pour louer intégralement le site afin d’optimiser le prix de cession».

D’autres dossiers pourraient rebondir ce mois-ci: la sauvegarde sur l’immeuble Doublon à Courbevoie détenu par Beacon doit prendre fin. Le prêt, qui avait été titrisé, est géré par un «special servicer». A La Défense, la vente de Praetorium, livré en 2009 mais sans locataire, pourrait aussi avancer.

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