La Banque européenne d’investissement lèvera 70 à 75 milliards d’euros en 2011
L’hyperactivité de la Banque européenne d’investissement dans l’après-crise devrait marquer le pas en 2011. Certes les décaissements ont continué à augmenter en 2010, pour atteindre le niveau historique de 59 milliards d’euros. Mais les signatures ont commencé à marquer le pas, à 72 milliards d’euros, après le sommet atteint en 2009 (79 milliards d’euros). Ce tassement relatif de l’activité de prêts annonce «l’amorce d’un retour progressif à nos volumes d’avant la crise», soit environ 50 milliards par an, a indiqué hier son président Philippe Maystadt lors d’une conférence de presse à Bruxelles.
Ce retournement ne se fera pas encore ressentir cette année dans l’activité d’émission. La banque notée AAA prévoit d’émettre 70 à 75 milliards, soit entre 5 et 12% de plus que l’an dernier. La première émission de l’année, fin janvier, pour 5 milliards d’euros à 3 ans, avait confirmé l’intérêt des investisseurs, avec un livre d’ordres de 16 milliards. La place croissante des investisseurs asiatiques s’affirme: ils ont souscrit, comme sur l’ensemble de 2010, 29% des titres (20% en 2009), contre 57% pour l’Europe et le Moyen-Orient. Il en va de même pour celle des banques centrales et des institutions publiques (44%) par rapport aux banques et aux gestionnaires d’actifs (52%). «Le marché a montré qu’il avait plus que la capacité d’absorber les émissions» européennes, que cela soit celle du mécanisme de stabilisation de l’euro, de la Facilité de stabilisation financière ou de la Banque », a indiqué hier Philippe Maystadt. «On ne s’attend pas à des problèmes majeurs en 2011», a-t-il ajouté.
L’appui à la stratégie 2020 qui vise une «croissance durable, intelligente et inclusive» et la lutte contre le changement climatique guideront la politique de prêts à l’avenir, a indiqué Philippe Maystadt. Un point d’interrogation persiste sur l’augmentation des prêts destinés à la rive Sud de la Méditerranée, faute de consensus entre les Vingt-Sept. La Banque travaille également à de nouveaux instruments pour le financement des infrastructures sous la forme de project bonds à partir de 2014. Elle interviendrait comme rehausseur de crédit pour des émissions par des opérateurs privés «afin d’améliorer la notation» au moyen de «garanties» ou de «dettes subordonnées». Le résultat 2010 (2,1 milliards) sera, comme toujours, mis en réserve pour préparer la prochaine augmentation de capital, pas avant 2015.
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