La Banque du Japon cherche à enrayer une dépréciation trop brutale du yen
La chute du yen semble avoir dépassé les objectifs des autorités japonaises. Dans un discours prononcé hier devant le parlement japonais, le gouverneur de la BoJ, Haruhiko Kuroda, a indiqué que «le yen [était] revenu sur ses niveaux d’avant la crise de Lehman Brothers» et que, dans ce contexte, «il [semblait] difficile de voir le taux de change réel du yen chuter davantage». De son côté, SG CIB estime même que la sous-évaluation de la devise japonaise atteint désormais entre 10% et 20% en termes de parité des pouvoirs d’achat, ce qui situerait sa parité d’équilibre entre 100 et 110 contre dollar.
Le yen remontait hier de 1,3% à 122,7 contre dollar, et de 1,1% à 138,8 contre euro. Lundi, la devise nipponne avait atteint son plus faible niveau depuis juin 2002 contre le billet vert après avoir chuté de 5,5% en moins d’un mois. L’indice BNP Paribas montre en outre que les positions vendeuses sur le yen restent modérées à -9 sur un total possible de -50, ce qui limite ainsi son potentiel de rebond contre dollar entre 118 et 122, selon la banque. «La remontée récente des rendements américains et en zone euro est positive pour le dollar et l’euro contre le yen», explique en outre Citigroup.
Haruhiko Kuroda a cependant souligné que cette faiblesse du yen n’a pas eu d’impact négatif sur l’économie réelle, «ce qui pourrait être interprété par les marchés comme un signal qu’il serait prêt à accepter une dépréciation supplémentaire», prédit Citigroup. L’accélération du rythme annuel de croissance du PIB nippon a été plus forte qu’attendu à 3,9% au premier trimestre, contre 2,4% en première estimation. Outre la contribution temporaire des stocks et la baisse des exportations nettes de 0,2%, elle a surtout été tirée par une hausse de l’investissement privé total de 2,7%.
«La hausse des coûts à l’importation due à la situation de plein emploi et la dépréciation excessive du yen ne constitue pas aujourd’hui un risque pour l’activité des entreprises japonaises, ce qui rend prématurée toute inquiétude sur les effets négatifs de cette dépréciation», ajoute SG CIB qui anticipe une croissance de 1,3% en 2015, contre 0,9% par le consensus. Avant l’annonce du programme budgétaire d’ici à la fin du mois, plusieurs conseillers influents du Premier ministre se sont déjà montrés réticents à toute austérité, tablant davantage sur une politique de croissance pour réduire les déficits.
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