La Banque du Danemark défend le peg de sa devise contre l’euro
La banque centrale danoise n’aura guère tardé à réagir aux turbulences du marché des changes. L’autorité monétaire a décidé hier après-midi d’abaisser par surprise ses taux directeurs de 15 points de base, et d’ancrer ainsi fermement en territoire négatif, à -0,20%, le taux de dépôt. Alors qu’elle prend généralement ses décisions le jeudi, le même jour que la Banque centrale européenne, la Banque du Danemark anticipe donc de trois jours l’annonce probable d’un programme d’assouplissement quantitatif souverain de la BCE.
Le 15 janvier, la Banque nationale suisse avait annoncé à la surprise générale l’abandon du taux plancher du franc suisse par rapport à l’euro devant la perspective d’un QE, laissant ainsi s’apprécier sa devise et préférant miser sur des taux négatifs. Une mesure choc qui a conduit les investisseurs à s’interroger sur la politique monétaire du Danemark, pays lié lui aussi par un peg avec l’euro. Le pays participe à l’European Exchange Rate Mecanism (ERM2), dont il est désormais le seul membre depuis l’entrée de la Lituanie dans l’euro le 1er janvier dernier. Ce mécanisme date de 1999 et bénéficie du soutien financier de la BCE, ce qui le distingue du peg suisse, mis en place unilatéralement par la BNS en septembre 2011 seulement.
Dans ce cadre, la banque centrale danoise vise pour la couronne un cours cible de 7,46038 face à l’euro, avec une marge de fluctuation à la hausse ou à la baisse de 2,25%, qui reste en pratique dans la limite de 1%. L’imminence d’un QE renforce les pressions à la hausse de la devise face à l’euro. Hier matin, la couronne a flirté avec la barre des 7,43, avant de remonter jusqu’à 7,4368 après l’annonce de la Banque du Danemark. Celle-ci a reconnu être intervenue sur le marché des changes en achetant des devises étrangères, et assuré qu’elle dispose «des outils nécessaires» pour défendre son peg.
Le Danemark a déjà pratiqué des taux négatifs de ce niveau en 2012, pour décourager l’afflux de capitaux dans le pays en raison, à l’époque, de la défiance vis-à-vis de la zone euro. Mais le pays devra sans doute aller plus loin. «La porte est ouverte à une nouvelle baisse de taux dès jeudi après-midi, après les annonces de la BCE», estimait hier Ken Wattret, co-responsable de la recherche économique européenne chez BNP Paribas.
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