La Banque du Canada surprend les marchés en baissant son taux à 0,75%

La banque centrale se dit inquiète des conséquences que pourrait avoir la baisse du prix du pétrole sur l'économie du pays.
Solenn Poullennec

La Banque centrale du Canada a créé la surprise sur les marchés hier en annonçant une baisse de son principal taux de 1% à 0,75% La banque qui n’avait pas modifié le niveau de ses taux depuis 2010, a dit vouloir prévenir les conséquences négatives pour l’économie canadienne de la baisse très marquée des prix du pétrole sur l’économie canadienne.

En réaction à cet assouplissement monétaire, le dollar canadien s’affaiblissait hier de plus de 2% par rapport au dollar américain pour atteindre 1,237 dollar canadien pour un dollar américain. Les taux des titres d’Etat canadiens à dix ans se détendaient quant à eux de près de 7 points de base hier pour atteindre 1,41%.

«La chute marquée des prix du pétrole observée récemment (…) aura une incidence négative sur la croissance et l’inflation sous-jacente au Canada», écrit la banque centrale dans son communiqué. Si la banque, emmenée par Stephen Poloz, estime qu’au cours des derniers trimestres, la croissance a été «solide et plus équilibrée», elle redoute que les investissements des entreprises du secteur énergétique ne diminuent. La banque craint aussi que la croissance de la demande intérieure ralentisse car «l’affaiblissement des termes de l’échange du pays aura des répercussions défavorables sur les revenus et la richesse».

La BoC, qui fait l’hypothèse que le baril du pétrole repartira à la hausse pour se situer autour de 60 dollars le baril (contre 48 dollars hier), a donc revu à la baisse ses prévisions de croissance. Elle estime que la croissance du PIB devrait ralentir au premier semestre de cette année pour avoisiner 1,5% en rythme annuel. Alors que l’économie américaine se raffermit et que le dollar canadien s’affaiblit, la croissance canadienne devrait devenir plus dynamique au second semestre pour atteindre 2,1% du PIB en 2015, puis 2,4% du PIB en 2016. Le recul des prix du pétrole devrait faire fléchir l’inflation mais celle-ci devrait retourner progressivement à 2%, selon la BoC.

«La plus grosse surprise à nos yeux a été que cette action est intervenue alors que le marché immobilier continue d’être en effervescence et que la dette des ménages reste élevée», écrivent les économistes de BNP Paribas CIB. A leurs yeux, la Banque du Canada «n’abaissera de nouveau ses taux que si le contexte économique se détériore». Selon l’économiste d’ING, James Knightley, «une nouvelle baisse de taux dans les prochains mois ne peut pas être exclue si les prix du pétrole ne se stabilisent pas».

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