La Banque de Suède déçoit les attentes de marchés
La banque centrale suédoise («Riksbank») a finalement préféré opter pour un accroissement de son programme de rachats d’actifs plutôt que baisser ses taux directeurs pour assouplir à nouveau sa politique monétaire lors de sa réunion d’hier. Le consensus anticipait pourtant une baisse des taux directeurs de 10 pb, à -35 pb.
En outre, l’augmentation du montant des rachats d’obligations d’un montant compris entre 40 et 50 milliards de couronnes sur cinq mois (4,3 à 5,4 milliards d’euros), soit entre 8 et 10 milliards par mois, est inférieure aux prévisions d’ING qui avait pourtant anticipé le choix fait hier par la Riksbank.
Si cette décision «suggère que le coût associé à une baisse des taux dépasse ses avantages», Citigroup ajoute que «les investisseurs la percevront comme le début de la fin du cycle d’assouplissement monétaire». La couronne suédoise se renforçait de 1,4% contre euro et de 1,5% contre dollar hier. La devise a non seulement rebondi de 4% depuis son plus bas de mi-février contre la monnaie unique, mais s’est également redressée de 5% contre le billet vert depuis le 10 avril, après avoir cédé 33% depuis le mois de juin 2014. Une tendance qui a «le potentiel de contrarier le processus» de rebond de l’inflation, selon Citigroup.
Dans son dernier rapport de politique monétaire, la Riksbank s’inquiétait d’ailleurs du fait que «si la couronne continue de se renforcer à court terme, cela pourrait casser le début de rebond de l’inflation, et remettre ainsi en cause une hausse suffisamment rapide». Dans ce contexte, l’autorité suédoise a laissé hier la porte ouverte à des nouvelles mesures d’assouplissement, en évoquant tour à tour des baisses de taux, une hausse supplémentaire de son QE, le lancement d’un programme de prêts bancaires aux entreprises ou même des interventions directes sur le marché des changes.
«La tendance à la baisse de l’inflation et de ses anticipations de long terme menace la capacité de la Riksbank à atteindre ses objectifs et a des implications négatives sur la fixation des salaires par les organisations», ajoute en outre Barclays. Si la banque centrale estime que les salaires doivent croître à un rythme de 3,6% l’an prochain pour atteindre son objectif d’inflation à 2%, les organisations syndicales et patronales estiment plutôt que la hausse sera limitée à environ 2% à l’issue des négociations salariales annuelles qui se tiendront prochainement.
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