La Banque de Grèce rappelle au gouvernement Tsipras sa responsabilité historique
Alors que le ton monte entre Athènes et ses partenaires européens, la Banque de Grèce s’est invitée hier dans le débat. De manière tout à fait inhabituelle, à l’occasion de la publication de son rapport de politique monétaire, l’institution a mis en garde le gouvernement d’Alexis Tsipras contre l’échec d’un accord avec ses créanciers. «Ce serait le début d’un chemin douloureux qui conduirait au départ à un défaut grec et, à l’arrivée, à une sortie du pays de la zone euro et, très probablement, de l’Union européenne», écrit la Banque de Grèce.
C’est la première fois qu’une autorité grecque évoque le risque d’une sortie de l’UE. «Trouver un accord avec nos partenaires est un impératif historique que nous ne pouvons pas nous permettre d’ignorer», insiste la Banque de Grèce. La banque centrale craint que la crise actuelle ne devienne «incontrôlable», ce qui impliquerait «une récession profonde, un déclin spectaculaire des niveaux de revenus, une hausse exponentielle du chômage et la destruction de tout ce que l'économie grecque a réussi depuis qu’elle est membre de l’Union européenne et plus particulièrement de la zone euro».
L’incertitude des derniers mois a déjà anéanti une partie des efforts consentis dans le cadre du programme d’aide internationale au pays. Selon la Banque de Grèce, le ralentissement de l'économie devrait s’accélérer au deuxième trimestre et le pays pourrait retomber en récession. Entre octobre 2014 et avril 2015, les dépôts bancaires ont fondu de 30 milliards d’euros.
«D’après toutes les preuves disponibles à ce stade, il semble qu’un compromis ait été atteint sur les principales conditions attachées à cet accord et que peu de chemin reste à parcourir», regrette la Banque de Grèce. Chacune des deux parties a pourtant campé sur ses positions hier, dans la relative indifférence des marchés obligataires. La Commission européenne considère qu’Athènes doit briser la glace en faisant des propositions de réformes conformes aux requêtes de ses créanciers. La réunion des ministres des finances de la zone euro, aujourd’hui, devrait constater le blocage des discussions.
La convocation d’un Eurogroupe exceptionnel dans les prochains jours était évoquée hier à Bruxelles. Euclide Tsakalotos, l’un des responsables des négociations, a reconnu hier que le pays n’avait pas les fonds pour rembourser les 1,55 milliard d’euros dus au FMI le 30 juin.
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