La Banque de France prévoit une accélération des investissements
La Banque de France anticipe une accélération de l’investissement des entreprises d’ici à 2017, sous l’effet de la reprise de l’activité et de l’amélioration des marges permise par les mesures du gouvernement pour baisser le coût du travail et encourager l’investissement.
Alors que le taux d’investissement des entreprises non financières (calculé par le ratio de la formation brute de capital fixe sur la valeur ajoutée) était à 23% en 2014, supérieur à sa moyenne d’avant la crise (soit 21% entre 1995 et 2007), il devrait passer à 24% en 2017. Pour l’ensemble des entreprises, la progression de l’investissement, après avoir été de 2,2% en 2014, devrait être de 1,1% en 2015, puis de 4,4% en 2016 et 4,2% en 2017.
Si la progression de l’investissement devrait rester limitée en 2015, notamment au premier semestre, c’est que les comptes des sociétés non financières sont encore «assez dégradés» en 2014, constate la Banque de France. Le taux de marge des entreprises, qui avait évolué entre 31 et 34% entre 1996 et 2008, a perdu 4 points de pourcentage depuis cette date et est tombé à 29,5% l’année dernière. Quant à l’utilisation des capacités de production, elle reste inférieure à sa moyenne de long terme dans l’industrie manufacturière, avec un taux de 81% en 2014.
Les entreprises devraient cependant bénéficier de la reprise. La Banque de France s’attend à ce que le PIB progresse de 1,2% en 2015 (le gouvernement table aujourd’hui sur une hausse de 1%), 1,8% en 2016 et 1,9% en 2017. L’institution estime aussi que l’investissement devrait bénéficier des annonces gouvernementales, à commencer par l’enveloppe de 2,5 milliards d’euros débloquée pour encourager l’investissement en biens d’équipement (suramortissement). Le crédit d’impôt de compétitivité et d’emploi (CICE) ainsi que la baisse du taux de change (la Banque de France table sur une parité euro/dollar à 1,12 en 2015, 2016 et 2017) devraient aussi permettre aux entreprises de restaurer leur taux de marge. Celui des sociétés non financières devrait ainsi passer à 32,7% en 2017. Enfin, les entreprises devraient continuer à bénéficier de conditions de financement très favorables.
Les prévisions de la Banque de France étaient jusqu’à aujourd’hui réalisées en interne mais le gouverneur, Christian Noyer, a décidé de les rendre publiques «dans un souci de plus grande transparence et afin d’apporter une contribution aux débats économiques nationaux et européens».
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