La Banque de Chine laisse le yuan partir à la baisse
La PBOC a permis une dépréciation de 0,8% contre dollar la semaine dernière. Elle s’engage par ailleurs à élargir sa bande de fluctuation autorisée
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Patrick Aussannaire
Alors que l’impact sur la croissance du resserrement des conditions de crédit en Chine suscite de nombreux doutes, la Banque Populaire de Chine (PBOC) semble laisser filer le yuan. Vendredi, la devise chinoise reculait de 0,23% à 6,0818 contre dollar sur le marché «offshore» de Hong Kong, ce qui porte sa baisse à 0,8% la semaine dernière. La plus forte dépréciation hebdomadaire depuis septembre 2011. Elle reculait de 0,09% à Shanghai après que la PBOC a abaissé le taux de référence quotidien de 0,05% à 6,1176, son plus faible niveau depuis deux mois.
Le yuan traité sur le marché «offshore» a ainsi enregistré la plus mauvaise performance parmi les douze devises asiatiques suivies par Bloomberg.
«La baisse a été orchestrée par la PBOC» qui continue à acheter des dollars depuis le début de la crise traversée par les pays émergents, confirme BNP Paribas CIB. Le rendement implicite sur les contrats de change en yuan a reculé à environ 0,5%, contre 2% en décembre, réduisant ainsi l’intérêt des opérations de portage («carry trade») sur la devise. En outre, la chute de l’indice PMI d’activité à 48,3 points en février «a alimenté le revirement des anticipations d’appréciation du renminbi», explique HSBC. Les contrats «forward» à un an chutaient de 0,04% à 6,1315, un niveau 0,7% plus faible que le taux de change coté à Shanghai.
Pourtant, afin de couper court à toute critique de manipulation de change, la PBOC a indiqué qu’elle comptait à nouveau élargir la bande de fluctuation autorisée du yuan «de manière ordonnée» cette année. Le cours traité à Shanghai est autorisé à s’écarter du taux de référence fixé chaque jour par la PBOC de plus ou moins 1%. Signe des efforts de Pékin : la volatilité implicite à un mois s’est accrue de 115 pb depuis le début de l’année pour atteindre 3,33%, au plus haut depuis décembre 2012.
Une telle mesure s’inscrit dans le cadre de la volonté des autorités d’instaurer un régime de changes plus flexible et d’accroître l’utilisation du yuan dans les échanges internationaux. D’ailleurs, BNP Paribas CIB rappelle qu’«un mouvement de dépréciation durable du yuan n’est pas dans l’intérêt de la PBOC. Cela entraînerait un nouveau choc sur l’économie en augmentant le coût du capital à court terme sur le marché interbancaire».
D’autant que le taux Shibor à 7 jours est revenu à 3,65%, son plus faible niveau depuis mi-novembre, après deux pics de 9% et 6,36% en décembre et janvier.
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