La Banque de Chine contrarie les paris sur l’appréciation continue du renminbi
Depuis le 17 février, le reminbi a perdu 1% face au dollar. La parité dollar/yuan était à 6,1283 hier. Cette dépréciation qui est la plus significative enregistrée sur une période réduite depuis l’été 2012 contraste avec l’appréciation régulière de la monnaie chinoise au cours des dernières années. Entre 2005 et 2013, celle-ci a atteint 36,5% contre le dollar. Sur la seule année dernière, la devise s’est appréciée de près de 3% face au billet vert.
«Il est encore trop tôt pour prédire la fin de l’appréciation du renminbi mais il est évident qu’il s’agit de la fin de son appréciation à sens unique», analyse l’économiste de Natixis, Xu Bei. A ses yeux, la Banque centrale chinoise (PBoC) souhaite envoyer un message clair aux investisseurs car «en raison des mouvements quasi monotones du yuan contre le dollar, il est devenu facile de parier sur l’évolution du change entraînant des flux de capitaux entrants massifs en Chine», lesquels favorisent l’appréciation de la monnaie. «Casser l’anticipation de l’appréciation continue du yuan avec l’introduction de plus de flexibilité de change est donc une préparation à l’ouverture des comptes de capitaux», ajoute l'économiste.
«Le manuel pour les nuls de la politique de change indique que vous ne pouvez pas avoir un taux de change fixe, un «peg» ou un taux de change contrôlé, des mouvements de capitaux libres et une politique monétaire indépendante. Vous pouvez respecter deux de ces principes à la fois mais pas les trois», argue de son côté Kit Juckes, stratégiste change chez Société Générale CIB. A ses yeux, la PBoC essaye de contourner ce problème en «créant de l’incertitude sur sa monnaie et en faisant comprendre au marché qu’elle peut évoluer dans les deux sens», ce qui se révélera dangereux pour les amateurs de «carry trade».
«L’affaiblissement du renminbi a fait spéculer sur le fait de savoir si les autorités chinoises étaient en train d’adopter une politique davantage orientée vers la croissance», explique Robert Lynch, stratégiste change chez HSBC. A ses yeux, «il est encore trop tôt pour se faire une idée». Il note cependant que la dépréciation de la devise pourrait aussi signaler la volonté des autorités, avant le Congrès du parti qui débute le 5 mars, de préparer un élargissement de la bande de fluctuation.
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