La Banque d’Australie rejoint les rangs des pessimistes
La Banque d’Australie (RBA) a réduit hier son taux directeur d’un quart de point pour le ramener à 3,25%, son niveau le plus bas depuis 2009. Le ralentissement de l’économie chinoise, le risque de «fiscal cliff» aux Etats-Unis, une crise qui se poursuit en Europe, et la force de la devise: les raisons ne manquaient pas pour justifier une nouvelle baisse des taux en Australie, anticipée par les marchés monétaires avec une probabilité de 75%. Pourtant, seulement 9 des 28 économistes interrogés par Bloomberg se ralliaient à cet avis, et la décision d’hier a constitué une surprise.
Si les assouplissements déjà consentis ont contribué à atteindre un rythme annuel de croissance de 3,7% au premier semestre, le gouverneur de la RBA, Glen Stevens, estime que «la croissance chinoise a ralenti, et les incertitudes sur les perspectives à court terme sont plus fortes qu’il y a quelques mois». Et d’ajouter que «les prix des matières premières restent significativement plus faibles qu’en cours d’année». Ils étaient en baisse de 18,5% sur un an en août.
Les conséquences se font d’ailleurs ressentir sur le secteur manufacturier local avec un indice qui est tombé à 44,1 points en septembre, après 45,3 en août. Plus inquiétant, les nouvelles commandes ont chuté de 4,8 points, à 44,3. «La force du dollar australien, la hausse des salaires et des prix à l’importation, et la chute des prix de vente, pèsent sur les marges» indique Innes Willox, directeur du lobby industriel du pays (AIG).
«En termes de perspectives, la RBA a signalé que les anticipations de croissance étaient «un peu plus faibles», ce qui ouvre la porte à d’autres baisses de taux» estime Citigroup. D’autant que l’autorité estime dans le même temps que «l’inflation devrait être en ligne avec l’objectif». Des propos accommodants qui ont peu fait réagir les marchés: ceux-ci anticipent à 65% une nouvelle baisse des taux de 25 pb à la prochaine réunion de novembre, et avec certitude un taux à 3% d’ici la fin de l’année.
Après avoir atteint 1,0625 le 14 septembre, son plus haut depuis mi-mars, la devise est revenue à 1,0317 hier, soit une baisse de 2,9% par rapport à mi-septembre et de 0,4% par rapport au cours de la veille. «Tant que les investisseurs n’intensifient pas l’amplitude de leurs anticipations de baisse de taux, le potentiel de baisse supplémentaire du dollar australien paraît limité» estime néanmoins Citigroup.
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