La Banque d’Angleterre veut redynamiser le marché secondaire du crédit
Depuis la semaine dernière, la Banque d’Angleterre (BoE) rachète des obligations corporate. Elle a déjà acquis pour 142 millions de livres sterling (153 millions d’euros) dans le but de relancer le marché obligataire secondaire en livres.
Au total, la BoE prévoit de consacrer 10 à 15 milliards de livres à ces opérations sur les trois prochains mois.
« Le marché secondaire en livres sterling est très peu liquide, rappelle Patrick Barbe, responsable gestion obligataire chez BNP Paribas Asset Management. Les vendeurs forcés ont donc des difficultés à se délester de leurs titres. Avec son dispositif, la Banque d’Angleterre cherche à soulager ces vendeurs. Les rachats devraient permettre de stopper la baisse des prix des obligations privées. »
Pour l’heure, l’effet des mesures est limité sur les spreads. L’indice Merrill Lynch sur les obligations non financières en sterling est resté relativement stable, à 225 points de base (pb) au-dessus des taux mid-swap. « Il ne faut pas s’attendre à un mouvement majeur sur les spreads compte tenu des rachats d’obligations par la Banque d’Angleterre, estime Patrick Barbe. L’objectif de cette dernière est d’abord de relancer le marché secondaire ».
Pour Sonam Joshi, stratégiste crédit chez UBS, la tendance est à l’amélioration. « Le dispositif de la BoE devrait être positif pour les spreads. Toutefois, malgré notre perspective optimiste, il y a eu peu de mouvement depuis l’annonce des détails du plan le 19 mars », reconnaît-il.
Les rachats ne concernent pas l’ensemble du marché. La BoE a en effet établi des critères d’éligibilité. D’après UBS, 114 obligations peuvent ainsi être rachetées. Les émissions doivent notamment avoir une taille supérieure à 100 millions de livres, elles doivent être lancées par des groupes notés au moins « BBB- ». Les émetteurs qui n’arrivent pas à se refinancer actuellement n’en profiteront donc pas.
Les obligations peuvent être émises par des groupes étrangers, à condition qu’ils contribuent de façon importante à l’économie britannique. Ainsi, la BoE peut acquérir des titres EDF, France Télécom ou Saint-Gobain. Ces émetteurs pourraient donc retourner sur le marché en sterling. Toutefois, « les spreads sont globalement plus serrés en zone euro », indique un gérant crédit. Ces entreprises pourraient y trouver un intérêt si elles ont des besoins de financement en livres sterling.
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