La Banque d’Angleterre se donne un an pour calibrer un ratio de levier
La Banque d’Angleterre (BoE) va lancer une réflexion sur l’imposition d’un ratio de levier pour les banques, outil qui est vu d’un très bon œil par son gouverneur, Mark Carney. Le ratio pourrait être plus contraignant que prévu par la régulation internationale.
La BoE n’a pas tous les pouvoirs aujourd’hui pour imposer aux banques un ratio qui rapporte les fonds propres d’une banque à ses engagements. C’est pour lui donner plus de latitude, alors que le Comité de Bâle travaille déjà à l’élaboration d’un ratio de levier de 3%, que le chancelier de l’Echiquier, George Osborne, a proposé à l’institution de se saisir du sujet et de lui présenter ses recommandations dans un délai d’un an.
Le gouverneur de la BoE, ancien patron de la Banque centrale du Canada, s’est aussitôt montré très favorable à l’imposition d’un tel indicateur. «Le ratio de levier est un élément vital du cadre réglementaire sur le capital», écrit-t-il dans un courrier au responsable des finances britanniques publié hier. «Si je devais choisir une seule raison pour laquelle les banques canadiennes se sont si bien comportées pendant la crise, ce serait parce qu’elles étaient soumises à une règle de levier».
Mark Carney précise qu’il est indispensable à ses yeux de pouvoir augmenter le ratio de levier, en cas de durcissement des règles de pondération des actifs par les risques, pour s’assurer que les banques ne gonflent pas leur bilan avec des actifs apparemment peu risqués. La BoE publiera ses premières réflexions sur le sujet dans son rapport sur la stabilité financière ce jeudi.
Dans son courrier à la BoE, George Osborne se dit «ouvert» à l’idée que «dans certaines circonstances», le ratio soit plus élevé que ne le prévoient les règles internationales et soit aussi mis en œuvre plus tôt qu’elles ne le prescrivent. Il se dit cependant très soucieux des impacts du ratio de levier sur la capacité des banques à prêter et demande à la BoE de réfléchir à une mise en œuvre progressive.
Le Comité de Bâle a proposé en juillet dernier une formule de calcul du ratio. Il serait publié en 2015, pourrait être ajusté en 2017 et deviendrait obligatoire en 2018. Les Etats-Unis réfléchissent déjà à imposer un ratio de levier à 6% pour les grandes banques du pays. Les détracteurs de cet indicateur font cependant valoir que c’est un instrument qui ignore le degré de risque des différents actifs.
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