La Banque d’Angleterre manque toujours de conviction sur l’inflation
En mars, les risques haussiers et baissiers d’inflation à moyen terme au Royaume-Uni se sont neutralisés. Dans les minutes de la réunion des 6 et 7 avril de la Banque d’Angleterre (BoE), qui s’était soldée par le maintien des taux à 0,50%, la BoE précise que malgré le repli de l’inflation à 12 mois à 4% en mars en estimation avancée, après 4,4% en février, l’envolée des prix de l’énergie et des matières premières importées suggère que le profil à court terme de l’inflation sera probablement plus élevé qu’envisagé dans le rapport d’inflation de février. La BoE a souligné qu’il y avait un risque significatif que l’inflation excède les 5%. Pour autant, les mesures d’anticipations d’inflation issues d’enquêtes auprès des ménages ont été contrastées et celles venant des marchés financiers sont restées stables. En mars, les points morts d’inflation à 10 ans britanniques se sont stabilisés autour des 3,2%.
Le risque serait que la période d’inflation élevée dure plus longtemps que prévu. Sur ce point, la BoE craint que de nouveaux effets de la dépréciation passée de la livre et qu’une installation durable des anticipations d’une inflation au-delà de sa cible de 2% nourrissent les effets de second tour. En 2010, les versements de salaires ont crû mais sont restés sous leur niveau de pré-récession. D’après la BoE, la croissance salariale s’est établie à 2,2% sur les trois mois terminant en janvier mais il y a un risque que la croissance salariale puisse croître en réponse à une inflation élevée.
Le comité a jugé qu’il était trop tôt pour savoir si la contraction de 0,5% du PIB au dernier trimestre 2010 était temporaire. Et il s’interroge pour savoir si le rebond de la demande privée compensera les effets de la consolidation budgétaire sur la demande globale. Les indicateurs de production dans les secteurs manufacturier et des services ont signalé une croissance saine mais ceux de la construction et de l’énergie pourraient peser sur le PIB au premier trimestre 2011.
Du coup, RBS voit la BoE monter ses taux de 25 pb à 0,75% seulement en août. UniCredit note que le camp des «faucons» ne s’est pas renforcé à cause des données mitigées. Ils sont toujours trois membres à appeler à une hausse des taux, contre six pour une pause Selon la banque italienne, la BoE jouera probablement la prudence pour quelques mois supplémentaires avant de s’embarquer dans un cycle de hausses des taux.
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