La Banque d’Angleterre joue les pompiers
Quand l’incurie des hommes politiques met le feu à l’économie, on peut au moins compter sur les banquiers centraux pour jouer les pompiers de service. Mark Carney, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, n’a pas tardé à dérouler la lance à incendie après le vote britannique sur le Brexit. Il a annoncé hier des mesures exceptionnelles de soutien à son secteur financier, pour éviter un choc de crédit qui pénaliserait un peu plus l’économie du pays.
Petit retour en arrière : en mars dernier, la Banque d’Angleterre avait demandé aux établissements de crédit de constituer un matelas de capital supplémentaire pour faire face à un risque de bulle immobilière au Royaume-Uni. C’est à cette surcharge qu’elle a décidé hier de renoncer, à rebours de la tendance à l’alourdissement des exigences en capital des banques. Economie attendue pour le secteur : près de 6 milliards de livres de capital. Cela permettra aux banques britanniques d’octroyer jusqu’à 150 milliards de sterling de prêts à l’économie.
La Bank of England a aussi fait une fleur à ses assureurs. Gros investisseurs sur les marchés, les compagnies d’assurance britanniques pourraient gagner en souplesse dans l’application des règles européennes sur la solvabilité, afin d’éviter de vendre des actifs à prix cassé.
Ces premières mesures montrent que Londres pourrait être tenté, en matière fiscale ou réglementaire, de s’éloigner de plus en plus de l’Europe afin de préserver son économie du choc lié au Brexit. Les annonces d’hier ne constituent qu’une mise en bouche. Mark Carney a déjà laissé espérer une probable baisse des taux directeurs de la Banque d’Angleterre au cœur de l’été, sans doute au mois d’août.
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