La Banque d’Angleterre est sous pression pour dégonfler la bulle immobilière
Le prix moyen d’un bien résidentiel a bondi de 9,9% en avril sur un an outre-Manche, le taux de progression le plus élevé depuis mai 2010
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Benoît Menou
Les autorités britanniques pourraient bien dévoiler la semaine prochaine de nouvelles mesures destinées à assagir le marché immobilier résidentiel outre-Manche. Une annonce attendue jeudi 26 juin à l’occasion de la publication du rapport de stabilité financière concocté par le Comité de politique financière (FPC) de la Banque d’Angleterre. Ce comité s’est d’ailleurs réuni hier alors que l’Office des statistiques nationales a publié le matin même des éléments confirmant la surchauffe du marché à fin avril.
Président du comité et gouverneur de la BoE, Mark Carney a jugé la semaine dernière que l’endettement immobilier des ménages met l’économie britannique en «position vulnérable». «Nous n’hésiterons pas à renforcer si nécessaire notre action de façon mesurée et graduelle», a assuré le gouverneur dans le rapport annuel de la Banque d’Angleterre publié hier.
Les statistiques officielles ont de fait dévoilé une progression de 9,9% du prix moyen d’un bien résidentiel outre-Manche sur douze mois (à 260.000 livres), soit son taux de progression le plus élevé depuis mai 2010. Pour la seule ville de Londres, les prix ont bondi de 18,7% sur un an en avril (à 485.000 livres). Pour l’ensemble du Royaume-Uni, le marché a atteint un nouveau sommet, 6,5% au-delà du précédent plus haut de janvier 2008. Une ascension qui s’est poursuivie en mai à en croire Halifax ou Nationwide, qui avancent respectivement des hausses de près de 9% et de plus de 11%.
La semaine dernière, le Chancelier de l’Echiquier George Osborne s’est fait fort d’octroyer à la BoE de réels pouvoirs afin de s’assurer que la taille des prêts immobiliers reste proportionnelle aux revenus des emprunteurs et à la valeur du bien acquis. Le FPC ne peut pour l’heure qu’émettre des recommandations. Il s’agirait par exemple d’imposer aux banques davantage de restrictions quant aux prêts mobilisant une part élevée des revenus des ménages ou de renforcer les tests de résistance infligés aux banques qui devraient faire la démonstration de la capacité de leurs clients à soutenir un relèvement des taux d’intérêt.
Si depuis le mois d’avril déjà les prêteurs doivent respecter des procédures plus contraignantes et plus longues quant à l’octroi des crédits, la BoE «va sans doute engager d’autres mesures préventives, et le plus tôt possible», selon l’économiste Howard Archer d’IHS Global Insight.
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