La banque centrale suisse met le paquet pour défendre son objectif de change
La crise européenne ne facilite pas la tâche de la Banque nationale suisse (BNS). Celle-ci a porté ses réserves de change en devises étrangères à 364,9 milliards de francs (304 milliards d’euros) à la fin du mois de juin, soit une hausse de 59 milliards de francs (ou 19%) par rapport à fin mai, selon les chiffres fournis au FMI. Si ces données ne laissent pas transparaître la part liée à l’euro, la BNS indique que la défense du seuil de 1,20 franc pour un euro continue à expliquer «une grande partie» de cette progression.
Et la facture risque de s’alourdir. Suite à l’annonce jeudi dernier d’une baisse des taux directeurs de 25 bp de la BCE pour les ramener à leurs plus bas niveaux historiques (0,75%), l’euro chutait de 0,09% à 1,2380 contre dollar, proche de ses points bas de début juin, et à 98,94 contre yen. Les investisseurs ont été douchés par l’absence de nouvelles mesures de soutien à l'économie ainsi que par le mutisme de Mario Draghi sur une éventuelle reprise du programme de rachat (SMP) ou sur un nouvelle injection de fonds à 3 ans (LTRO). Dans le même temps, l’euro/franc restait stable à 1,2013, très proche du seuil minimum de la BNS, indiquant une intervention de la banque centrale, selon des traders.
Une politique qui n’est pas sans risque. JPMorgan estime que «la BNS ne peut pas isoler l’économie des effets de son objectif de change. Pour que cette politique fonctionne, elle doit être prête à créer de l’inflation par le canal de la création de liquidités en quantité illimitée». Un risque démenti par son président, Thomas Jordan, qui a estimé qu’il n’existe «aucun risque d’explosion de l’inflation». «En Suisse, nous avons même le problème inverse», et faire prévaloir le taux plancher permet d’éviter une évolution déflationniste, a-t-il ajouté. La Suisse s’est en effet enfoncée dans la déflation, avec un indice des prix en recul de 1,1% sur un an en mai.
Thomas Jordan s’est en outre montré déterminé à poursuivre la défense du franc. «Nous sommes prêts à défendre le taux minimum de change avec des rachats illimités de devises étrangères, si nécessaire» a-t-il répété. Il n’envisage cependant des mesures de contrôle des capitaux que dans «le scénario du pire».
Mais JPMorgan d’alerter sur le fait que «même dans le cas où la BNS serait prête à créer des liquidités illimitées et de l’inflation, la défense du seuil n’a pas vocation à durer».
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