La banque centrale sud-coréenne poursuit son assouplissement monétaire
Les conséquences de la propagation du coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (Mers) et la chute du yen sur l’activité sud-coréenne ont contraint la banque centrale (BoK) à baisser son taux de refinancement à 7 jours de 25 points de base (pb) pour la quatrième fois depuis août 2014. Si, à 1,5%, il est à son plus faible niveau historique, «les taux d’intérêt réels ajustés du niveau d’inflation restent encore largement supérieurs à leurs niveaux de début 2009», ajoute RBS.
La baisse des taux et le recul de l’inflation à un niveau proche de zéro n’ont pas empêché le rendement des obligations à 10 ans de se tendre de 46 pb depuis mi-avril à 2,53%, alors que le consensus les voit même atteindre 2,67% en fin d’année. Le taux 2 ans est lui resté stable autour de 1,7%. «L’effet de contagion lié aux tensions sur les rendements américains a jusqu’ici dépassé l’impulsion baissière imprimée par les taux sud-coréens», explique ING.
La BoK a réitéré ses inquiétudes quant au renforcement du won sur les exportations. «L’économie sud-coréenne est très sensible au yen, et tente de lutter contre une appréciation excessive de son taux de change effectif», confirme SG CIB. Or, la devise s’est appréciée contre yen de 40% depuis mi-2012, quelques mois avant le lancement d’une politique ultra accommodante au Japon, et de 10% ces douze derniers mois. Elle a néanmoins reculé de 10% contre dollar.
«Les inquiétudes sur les effets du Mers fournissent un argument supplémentaire aux mesures d’assouplissement monétaires et budgétaires», estime SG CIB qui prévoit l’annonce d’autres mesures de relance avant la fin du mois. Le ministre des finances a déjà annoncé hier le déblocage de 320 millions d’euros en subventions et baisses d’impôts pour soutenir les PME les plus touchées par le virus, notamment dans le secteur du tourisme.
Tout en fermant la porte à de nouvelles baisses de taux, le gouverneur de la BoK, Lee Ju Yeol, a évoqué une possible nouvelle réduction de ses prévisions de croissance du PIB, actuellement à 3,1% pour 2015, à 2,8%, selon Barclays. La croissance a ralenti à un rythme de 2,5% au premier trimestre, après 2,7% au trimestre précédent. Lee Ju Yeol a également plaidé pour des réformes structurelles et des mesures de contrôle de la dette des ménages.
Plus d'articles du même thème
-
Spie confirme ses objectifs pour 2026 malgré le repli de sa production au premier trimestre
Les ventes du groupe ont été pénalisées par de mauvaises conditions météorologiques en Allemagne et en Europe centrale en début d'année. -
SAP rassure les investisseurs avec une forte hausse de ses profits
L'éditeur de logiciels allemand reprend des couleurs en Bourse grâce à des résultats trimestriels supérieurs aux attentes des analystes. -
Le CFO de crise est une vigie et un second dans la tempête aux côtés du dirigeant
En 2026, la multiplication des situations sensibles fait du CFO de crise un profil de plus en plus recherché. -
SCPI : l'indicateur de performance globale annuelle (PGA) se révèle imparfait
L'affichage de la performance globale annuelle est obligatoire pour les SCPI depuis le mois d'octobre 2025. Quoique votée par la majorité des gestionnaires immobiliers, la PGA, calcul partial, interroge certains acteurs et observateurs du marché. -
Forvia confirme ses objectifs pour 2026 en dépit d'un coup de frein sur ses ventes
La cession des éléments intérieurs qui représente quelque 4,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires est attendue à court terme. L'équipementier automobile y voit un moyen de réduire sa lourde dette. -
Intel pulvérise les attentes grâce aux centres de données et à l'IA
L'action s'envole dans les échanges avant l'ouverture après que le groupe a également communiqué des prévisions optimistes.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Des gestionnaires actifs alertent sur les dangers cachés de la gestion passive
- Lionel Paquin : « Ce n’est pas Praemia qui est en crise mais le marché de l’immobilier »
- Vincent Cornet quitte le directoire de LBP AM
- La forêt française, un actif réel en voie de reconnaissance
Contenu de nos partenaires
-
Polymarket : un soldat américain poursuivi pour avoir parié sur la chute de Maduro
Le soldat Gannon Ken Van Dyke est accusé d’avoir détourné des informations confidentielles pour parier sur l’intervention américaine au Venezuela sur le site Polymarket. Il aurait gagné 400 000 dollars -
PatrimoineLes astuces à connaître pour bien remplir votre déclaration de revenus
Cette année, les déclarations de revenus doivent être envoyées avant le 5 juin au plus tard et elles contiennent quelques nouveautés. Pour les contribuables relevant de la déclaration simplifiée, l’exercice n’en est presque plus un. S’ils sont d’accord avec les montants préremplis, il n'y a quasiment rien à faire. Pour ceux qui ont des comptes à l’étranger, ont investi dans l’immobilier locatif ou ont des enfants étudiants ou majeurs vivant avec eux, voici comment remplir les bonnes cases et comprendre ce qui change. -
Trump annonce une prolongation de trois semaines de la trêve au Liban
Washington - Donald Trump a annoncé jeudi une prolongation de trois semaines du cessez-le-feu au Liban, au moment où les efforts pour arriver à un accord avec l’Iran sont pour leur part au point mort. «Le cessez-le-feu entre Israël et le Liban sera prolongé de TROIS SEMAINES», a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social à l’issue d’une nouvelle réunion entre des représentants des deux pays à Washington. En vigueur depuis le 17 avril, la trêve qui devait initialement s’achever dimanche a offert un certain répit à la population libanaise, dans un conflit qui a déjà fait plus de 2.400 morts et un million de déplacés dans le pays depuis début mars. Donald Trump a assuré que les Etats-Unis «vont collaborer avec le Liban afin de l’aider à se protéger contre le Hezbollah». L’organisation chiite, qui a entraîné le pays dans la guerre le 2 mars en soutien à son allié iranien, a rejeté ces pourparlers et poursuit ses opérations dans le sud du Liban, où Israël entend créer une zone tampon au prix de destructions de villages et de bombardements, qui ont tué mercredi deux journalistes libanaises. Le Hezbollah a lui annoncé avoir tiré des roquettes sur le nord d’Israël en réponse aux «violations» du cessez-le-feu par l’armée israélienne. «Tout le temps du monde " Malgré tout, M. Trump a dit s’attendre à ce que les dirigeants israélien Benjamin Netanyahu et libanais Joseph Aoun se rencontrent «dans les semaines à venir». Le président libanais, qui a jusqu'à présent écarté la perspective d’une telle rencontre, est attendu vendredi au sommet européen d’Ayia Napa, à Chypre, aux côtés de ses homologues égyptien Abdel Fattah al-Sissi et syrien Ahmed al-Chareh et du prince héritier de Jordanie Hussein ben Abdallah. Les Vingt-Sept ont fait savoir qu’ils entendaient évoquer «la situation au Liban et les pourparlers entre Israël et le Liban» et entretenir un «dialogue intensif» avec les Etats de la région. Près de deux mois après son déclenchement le 28 février par Israël et les Etats-Unis, la guerre contre l’Iran continue de peser sur les marchés de l'énergie et sur l'économie mondiale, malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 8 avril. Le trafic est à l’arrêt dans le détroit d’Ormuz, par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, et désormais soumis à un double blocus iranien et américain. Vendredi matin, les cours du pétrole ont encore progressé en Asie, avec le WTI à plus de 97 dollars et le Brent de la mer du Nord à près de 107 dollars. Donald Trump a assuré que le temps jouait contre Téhéran à mesure que se réduisent ses exportations de pétrole. «J’ai tout le temps du monde, mais ce n’est pas le cas de l’Iran», a-t-il écrit jeudi sur Truth Social. Troisième porte-avions Washington maintient une pression militaire, avec l’arrivée dans la région d’un troisième porte-avions, le George HW Bush. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a dit n’attendre que le feu vert des Etats-Unis pour reprendre les frappes. Donald Trump a cependant assuré ne pas avoir l’intention d’utiliser l’arme nucléaire contre l’Iran, dont il avait menacé début avril d’"éteindre» la civilisation. «Pourquoi utiliserais-je l’arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?», a-t-il déclaré en réponse à une question de journaliste à la Maison Blanche. Une première session de discussions irano-américaines au Pakistan le 11 avril s'était soldée par un échec. M. Trump a avancé des «divisions» au sein du pouvoir à Téhéran pour expliquer l’ajournement sine die d’un second round qui avait été prévu cette semaine. En réponse, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et le chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejei ont donné jeudi un gage d’unité, évoquant sur leurs réseaux sociaux «un Dieu, une nation, un dirigeant, un seul chemin». Alors que le nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei n’est pas apparu publiquement depuis qu’il a succédé à son père Ali Khamenei -- tué aux premières heures de la guerre -- le New York Times a affirmé jeudi, citant des responsables iraniens sous couvert d’anonymat, qu’il avait été «grièvement blessé», notamment brûlé au visage, mais restait «vif d’esprit et actif». Les bureaux de l’AFP à Washington, Beyrouth, Jérusalem et Téhéran © Agence France-Presse