La banque centrale indienne attend les premières mesures du gouvernement Modi
Pour sa première réunion après l’élection de Narendra Modi au poste de premier ministre de l’Inde, la Reserve Bank of India (RBI) a laissé inchangé son principal taux de refinancement à 8%.
Après avoir resserré les conditions monétaires à hauteur de 75 pb depuis son arrivée à la tête de la banque centrale, Raghuram Rajan a précisé que de nouveaux tours de vis ne seront pas nécessaires si l’inflation revient à 8% début 2015 et à 6% un an plus tard. Et d’ajouter qu’un rythme de désinflation plus rapide que prévu fournirait même «des marges de manœuvre pour desserrer les conditions monétaires». Depuis septembre dernier, la roupie a regagné 16% contre dollar.
Malgré cela, l’inflation a atteint 8,6% en avril, le rythme le plus élevé des 18 économies asiatiques suivies par Bloomberg et bien au-dessus de l’objectif de la RBI. Avec des taux réels nuls, la politique monétaire est jugée encore trop accommodante selon certains économistes. Pourtant, «chaque initiative de la banque centrale pour lutter contre une inflation de nature structurelle, en relevant les taux, dégrade la propension du pays à investir et pèse sur les capacités de l’économie à surmonter les goulots d’étranglement dans les secteurs alimentaire et de l’énergie», estime Natixis.
Le nouveau ministre des finances, Arun Jaitley, s’est inquiété du seul recours aux outils monétaires pour combattre l’inflation, et entend s’attaquer à la concurrence entre détaillants, au développement des infrastructures de transport, ainsi qu’au stockage des denrées alimentaires. Des mesures qui seront néanmoins longues à appliquer dans un pays fédéral et n’auront pas d’effet immédiat sur l’inflation structurelle. «Le gouvernement et la RBI ont tous deux affiché la nécessité de faire baisser l’inflation, tout en tenant compte de la faiblesse de la croissance», a indiqué vendredi Raghuram Rajan.
Après 4,5% sur 2012-2013, le PIB indien a progressé de 4,7% sur l’année fiscale passée avec une contraction inquiétante du secteur manufacturier de 1,4% au dernier trimestre. Le pays n’avait pas connu deux années consécutives de croissance sous les 5% depuis 1988. Le gouvernement compte abaisser ses coûts de financement pour faire diminuer le déficit budgétaire, de 4,5% du PIB l’an dernier, mais est également attendu sur son volet croissance.
Si le taux 10 ans s’est détendu de 50 pb depuis avril, à 8,6%, il reste supérieur de 150 pb à ses niveaux de mai 2013.
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