La Banque centrale européenne défend le bon fonctionnement du QE
Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a hier défendu l’intérêt et l’efficacité du programme d’assouplissement quantitatif (QE) en soulignant l’amélioration des conditions économiques et financières dans la zone euro. Un peu plus d’un mois après le lancement de son programme d’achats de titres publics (PSPP), en sus des programmes d’achats de titrisations et d’obligations sécurisées, «il y a des preuves tangibles que les mesures de politiques monétaires mises en places sont efficaces», a affirmé le banquier central, à l’issue de la réunion du conseil des gouverneurs d’hier.
La BCE relève l’amélioration des conditions de marché et des conditions de financement pour les entreprises et les ménages et estime que, dans l’ensemble, «les risques pesant sur les perspectives de croissance économiques sont plus équilibrés». Cette amélioration est aussi due à la baisse de l’euro et des prix du pétrole.
Ce relatif optimisme ne doit pas faire attendre une fin anticipée du QE, a insisté le président de la BCE. Il s’est employé à balayer toutes les spéculations à ce sujet en expliquant que les quelque 60 milliards d’euros d’achats de titres par mois seraient bien menés jusqu’au mois de septembre 2016 au moins, comme prévu et qu’il n’était pas question d’arrêter ce «marathon» alors qu’il vient à peine de commencer.
Mario Draghi s’est aussi efforcé de dissiper toutes les inquiétudes sur la mise en œuvre du QE. A ses yeux, les discussions sur un manque potentiel de titres éligibles aux achats de la BCE sont «un peu exagérées» ou, à tout le moins, «prématurées». Le banquier central insiste sur le fait que le programme est suffisamment flexible pour être ajusté si les circonstances le justifient. La BCE a d’ailleurs allongé hier la liste des titres éligibles aux achats en incluant ceux émis par une dizaine d’agences supplémentaires, dont Bpifrance, l’Acoss, la Caisse des dépôts et consignations et l’Agence française de développement. Le président de la BCE a enfin assuré qu’il n’était pas question d’abaisser le taux de dépôt, aujourd’hui à -0,20%.
Finalement, la conférence de presse d’hier restera moins dans les annales pour les propos de Mario Draghi que pour le saut et le lancer de confettis réalisés par une jeune femme sur le banquier central aux cris de : «mettez fin à la dictature de la BCE».
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