La banque centrale australienne compte poursuivre sa politique accommodante
La banque centrale australienne (RBA) signale que son cycle d’assouplissement monétaire n’est pas encore achevé. «L’évaluation actuelle des perspectives d’inflation continue d’offrir une marge de manœuvre pour ajuster la politique monétaire en réponse à une détérioration importante des perspectives de croissance», a indiqué l’autorité dans les minutes, publiées hier, de sa dernière réunion du 4 septembre à l’issue de laquelle elle a laissé ses taux inchangés à 3,50%. D’autant qu’elle estime dans le même temps qu’il n’existe «aucune preuve» d’un effet inflationniste produit par l’introduction de la taxe carbone au 1er juillet.
Le taux à 2 ans baissait hier de 9 pb à 3,13% et le 10 ans de 7 pb à 3,36%. Les marchés anticipent avec une probabilité de 72% que la RBA baissera ses taux directeurs de 25 pb à 3,25% à sa prochaine réunion d’octobre et voient des taux à 2,75% d’ici la fin de l’année. La Société Générale prévoit des baisses de 50 pb d’ici à fin décembre.
Des anticipations également nourries par les tensions sur les prix des matières premières, qui ont chuté dans le pays de 4,3% sur un mois en août, et de 18,5% sur un an. En cause: la baisse de la demande chinoise, «accompagnée d’une forte baisse des prix des minerais de fer et du charbon à coke» de respectivement 35% et 25% depuis mi-juin. Si cette tendance se poursuit, la RBA s’attend à une détérioration plus forte que prévu des termes de l’échange, qui avaient atteint l’an passé leur plus fort niveau depuis 140 ans.
Le Bureau des ressources et de l’énergie a d’ailleurs une nouvelle fois révisé à la baisse les perspectives de revenus tirés des minerais de fer à 53,2 milliards de dollars locaux pour l’année fiscale 2012, contre 67 milliards prévus en juin et 63 milliards dégagés l’an dernier.
Et la force de la devise n’arrange rien. La banque centrale a estimé qu’«avec des termes de l’échange qui sont toujours historiquement élevés, les modèles suggèrent que le dollar australien pourrait être surévalué». La parité perdait hier 0,3% contre le yen et 0,1% contre dollar après avoir franchi vendredi le seuil de 1,06, un plus haut de six mois et proche de ses plus forts niveaux depuis trente ans, en base pondérée.
S&P a pourtant confirmé cette nuit le AAA australien avec perspective stable, notant la bonne résistance de l'économie mais pointant du doigt «les risques considérables qui persistent sur les perspectives de croissance australienne, sa prospérité et sa qualité de crédit».
Plus d'articles du même thème
-
La forêt française, un actif réel en voie de reconnaissance
La valorisation des forêts françaises atteindrait entre 150 et 200 milliards d’euros. Elle se développe de plus en plus dans les portefeuilles des institutionnels. -
Les constructions en bois bénéficient d'atouts de poids
Matière première privilégiée pour des immeubles plus durables, le bois fait des adeptes parmi les villes. Woodeum, pionnier français, en a fait sa marque de fabrique. -
L'investissement forestier reste un puissant outil de défiscalisation et de transmission
Actif tangible avec une forte dimension ESG, peu sensible à la volatilité des marchés financiers, l’investissement forestier séduit un nombre croissant de clients privés. Le rendement, modeste, est largement compensé par une fiscalité généreuse. -
Alstom s'effondre en Bourse après son avertissement sur résultats
Après des comptes annuels inférieurs aux attentes, le constructeur du TGV a prévenu qu'il n'atteindrait pas ses objectifs à moyen terme. En réaction, son titre est lourdement sanctionné. -
Josselin Kalifa de la CDC co-préside le comité de pilotage de la NZAOA
Josselin Kalifa, directeur des investissements de la Caisse des Dépôts, et Toru Shindo, directeur des investissements du fonds de pension du personnel des Nations Unies, ont été élus co-présidents du comité de pilotage de l'alliance des détenteurs d'actifs pour la neutralité carbone (NZAOA). -
Les entreprises doivent optimiser la chasse aux impayés
L’enquête de la fintech Payt relève que près de la moitié des ETI n’ont pas déployé d’outil dédié au credit management.
ETF à la Une
Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
- Comgest fait face à une forte décollecte au premier trimestre 2026
- Qui sont les plus grands gérants d'actifs du monde en 2026 ?
- Arkéa AM se rapproche de son objectif d’encours à 2030
- Amundi «toujours en phase d'apprentissage» dans la numérisation de fonds
- Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
Contenu de nos partenaires
-
Rachat de SFR : Patrick Drahi accepte l’offre du consortium Orange, Free et Bouygues
Patrick Drahi a donné son feu vert pour vendre SFR à un consortium réunissant Bouygues Telecom, Iliad/Free et Orange. Leur offre s’élève à 20,35 milliards d’euros -
CarrièreNe vous laissez plus manipuler, apprenez à influencer les autres
Dans son nouveau livre, Marwan Mery, ancien officier spécialiste de la négociation de crise au sein du COS, l'état-major des forces spéciales françaises, dévoile plusieurs techniques utiles en expliquant comment nos cerveaux fonctionnent. Passionnant ! -
Liban : à peine entré en vigueur, le cessez-le-feu fragilisé par Israël et le Hezbollah
Une trêve est entrée en vigueur entre Israël et le Liban à minuit, vendredi 17 avril. Mais celle-ci paraît fragile : en représailles des « actes d’agression » d’Israël, le Hezbollah a attaqué des soldats israéliens