La banque centrale australienne compte poursuivre sa politique accommodante

La chute des prix des matières premières et la force de la devise conduisent la RBA à envisager une nouvelle baisse de taux en octobre
Patrick Aussannaire

La banque centrale australienne (RBA) signale que son cycle d’assouplissement monétaire n’est pas encore achevé. «L’évaluation actuelle des perspectives d’inflation continue d’offrir une marge de manœuvre pour ajuster la politique monétaire en réponse à une détérioration importante des perspectives de croissance», a indiqué l’autorité dans les minutes, publiées hier, de sa dernière réunion du 4 septembre à l’issue de laquelle elle a laissé ses taux inchangés à 3,50%. D’autant qu’elle estime dans le même temps qu’il n’existe «aucune preuve» d’un effet inflationniste produit par l’introduction de la taxe carbone au 1er juillet.

Le taux à 2 ans baissait hier de 9 pb à 3,13% et le 10 ans de 7 pb à 3,36%. Les marchés anticipent avec une probabilité de 72% que la RBA baissera ses taux directeurs de 25 pb à 3,25% à sa prochaine réunion d’octobre et voient des taux à 2,75% d’ici la fin de l’année. La Société Générale prévoit des baisses de 50 pb d’ici à fin décembre.

Des anticipations également nourries par les tensions sur les prix des matières premières, qui ont chuté dans le pays de 4,3% sur un mois en août, et de 18,5% sur un an. En cause: la baisse de la demande chinoise, «accompagnée d’une forte baisse des prix des minerais de fer et du charbon à coke» de respectivement 35% et 25% depuis mi-juin. Si cette tendance se poursuit, la RBA s’attend à une détérioration plus forte que prévu des termes de l’échange, qui avaient atteint l’an passé leur plus fort niveau depuis 140 ans.

Le Bureau des ressources et de l’énergie a d’ailleurs une nouvelle fois révisé à la baisse les perspectives de revenus tirés des minerais de fer à 53,2 milliards de dollars locaux pour l’année fiscale 2012, contre 67 milliards prévus en juin et 63 milliards dégagés l’an dernier.

Et la force de la devise n’arrange rien. La banque centrale a estimé qu’«avec des termes de l’échange qui sont toujours historiquement élevés, les modèles suggèrent que le dollar australien pourrait être surévalué». La parité perdait hier 0,3% contre le yen et 0,1% contre dollar après avoir franchi vendredi le seuil de 1,06, un plus haut de six mois et proche de ses plus forts niveaux depuis trente ans, en base pondérée.

S&P a pourtant confirmé cette nuit le AAA australien avec perspective stable, notant la bonne résistance de l'économie mais pointant du doigt «les risques considérables qui persistent sur les perspectives de croissance australienne, sa prospérité et sa qualité de crédit».

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